Le Devoir a rapporté mardi que des universités ont déjà commencé à envoyer une facture majorée aux étudiants, sans attendre le résultat des élections du 4 septembre. C'est le cas de l'Université Concordia, de l'Université du Québec à Montréal et de l'Université McGill, où les étudiants doivent régler leur facture d'ici au 31 août.
Or, le Parti québécois, qui mène présentement dans les sondages, a promis d'annuler la hausse annuelle de 254 $ décrétée par le gouvernement Charest à partir de l'automne 2012.
La porte-parole péquiste en matière d'éducation postsecondaire, Marie Malavoy, suggère aux étudiants d'attendre avant de passer à la caisse. «Si j'étais étudiante, je ne paierais pas ma facture avant l'élection», a-t-elle lancé mardi lors d'un entretien téléphonique avec Le Soleil.
Elle s'étonne d'ailleurs que certaines universités réclament déjà de l'argent aux étudiants. «Je trouve étonnant que l'Université McGill ait pris les devants sachant que c'est un dossier aussi chaud. On aurait pu penser que les universités auraient attendu le résultat des élections», a affirmé la candidate dans Taillon. À l'Université McGill, la porte-parole Julie Fortier indique qu'il est possible d'offrir aux étudiants un crédit pour le trimestre suivant si des ajustements sont nécessaires après les élections.
Pas de réajustement
À l'Université Laval, les factures majorées seront envoyées à la mi-septembre, comme d'habitude. Pour l'instant, aucun scénario de réajustement n'est prévu si un gouvernement péquiste est élu. «On avisera selon les directives», affirme un porte-parole, Jean-François Huppé. Sur le site internet de Laval, la section concernant le coût des études a été modifiée pour tenir compte de la hausse décrétée par le gouvernement Charest, ce qui porte à 2717,16 $ le coût d'une année d'études à temps plein.
L'annulation de la hausse des droits de scolarité serait un des premiers gestes d'un gouvernement péquiste, a-t-elle ajouté. La chose est relativement simple puisqu'il suffit que le Conseil des ministres adopte un décret en ce sens. Le Parti québécois promet en outre de tenir un sommet sur le financement et la gestion des universités dans les six mois suivant son élection.
De son côté, la Coalition avenir Québec propose de suspendre la hausse jusqu'en janvier 2013. Par la suite, l'augmentation serait de 200 $ par année pendant cinq ans.
Quant à la loi 12 (ex-projet de loi 78), il s'agit de la première loi à laquelle voudrait s'attaquer un gouvernement péquiste, mais son abolition est plus complexe puisqu'elle doit faire l'objet d'un vote à l'Assemblée nationale. Difficile pour l'instant de prédire le temps requis pour y parvenir, estime Mme Malavoy.