Le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM) interpellent les partis politiques pour que des décisions se prennent rapidement dans ce domaine dès la mise en place du nouveau gouvernement.
«On n'est pas contre les aires protégées et l'aménagement durable. ll faut se donner en amont un processus d'évaluation des éléments affectant la possibilité forestière pour que l'industrie puisse opérer à plein rendement avec des marchés qui seront au rendez-vous dans les deux ou trois prochaines années. On n'est plus en mode fermeture d'usines», selon André Tremblay, président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, pour qui la position du Québec comme leader mondial en certification forestière est trop souvent oubliée.
Depuis 15 ans, les volumes de bois disponible pour l'industrie ont chuté de près de 40 %. De plus, d'autres baisses pour les aires protégées, le bois réservé aux Premières Nations, les territoires fauniques structurés, l'aménagement durable, etc. semblent poindre à l'horizon.
Comparaison avec l'Autriche
«En Autriche, avec 10 fois moins de territoire forestier, ce pays coupe 24 millions de mètres cubes par année, nous, on en coupe 22 millions [...]. Il y a moyen d'augmenter la capacité forestière. Pas moins de 46 % de notre jardin forestier est exploité [...]. Il y a eu une tendance vers le pôle environnement, alors que le pôle économique a été délaissé parce que nous n'avons pas calculé ce que ça coûtait aux communautés par des fermetures», a dit M. Tremblay.
Au Bas-Saint-Laurent, 55 % de la capacité forestière actuelle des forêts est inutilisée et attend autant de nouveaux marchés.
«Nous n'avons pas de redevances et de pouvoir de gestion pour la forêt de proximité. Il faut une décentralisation des décisions. Au Québec, on est constamment dans les politiques mur à mur. Il devait y avoir de 10 à 15 projets-pilotes au printemps 2012. Nous, on veut développer tout le potentiel de cette forêt», soutient pour sa part Serge Fortin, vice-président de la Fédération québécoise des municipalités.
Au Québec, 250 municipalités sur environ 1200 ont une économie qui dépend de l'exploitation de la ressource forestière, durement affectée depuis 2005 par une crise majeure.
Au Québec, il y a plus de 100 000 emplois directs et indirects dépendant des activités forestières pour une masse salariale de 4 milliards $.