Le député sortant de Chauveau n'a pas boudé son plaisir ce matin à Montréal, lorsqu'il a évoqué l'article du Soleil dans lequel M. Boily demande aux partisans du PLQ de voter pour la CAQ le 4 septembre afin de mettre en échec le Parti québécois (PQ).
«Quand on voit Jean-Paul Boily, libéral depuis de nombreuses années, dire "c'est assez, nous avons besoin d'un vrai changement, nous allons soutenir la Coalition", c'est un message clair à tous les fédéralistes de se joindre à nous», a soutenu Gérard Deltell en anglais.
«La communauté anglophone reconnaît qu'elle a une option», a-t-il renchéri. «Si vous êtes fédéraliste, le Parti libéral vous a tenu pour acquis pendant de nombreuses années, mais maintenant, la partie est terminée», a laissé tomber Gérard Deltell.
Selon lui, la manchette du Soleil a sonné « une véritable sirène d'alarme» qui a mis les libéraux en état de panique. «Pour être bien honnête avec vous, moi, sur le terrain, j'entends de plus en plus des libéraux qui sont fatigués, qui sont gênés de la gouvernance de M. Charest et des libéraux et qui ne reconnaissent plus le Parti libéral», a ajouté le candidat caquiste, qui dit compter par milliers le nombre de sympathisants du PLQ déçus de l'administration du premier ministre sortant.
Débat civilisé
M. Deltell était ce matin à l'Îlot Voyageur, à Montréal, aux côtés des Jacques Duchesneau, Sylvie Roy, Maud Cohen et Cédric - «l'équipe anticollusion» de la CAQ, pour réitérer les engagements de la formation quant à l'adoption d'une loi sur la lutte contre la corruption si elle est portée au pouvoir le 4 septembre.
Le choix du lieu n'était pas innocent: M. Duchesneau, candidat dans Saint-Jérôme, en a profité pour rappeler que le fiasco du projet de l'Îlot Voyageur est de signature libérale.
Le chef, François Legault, se prépare quant à lui au face-à-face de ce soir qui l'opposera à Jean Charest et n'a pas d'activité publique à l'agenda. Gérald Deltell s'est d'ailleurs dit déçu de l'affrontement de lundi soir entre M. Charest et la chef du PQ, Pauline Marois. Il a eu l'impression d'assister à une «bataille de chats de ruelle».
Il a demandé aux autres chefs de parti de faire en sorte que les prochains débats portent sur les idées et non pas sur du «crêpage de chignons». Gérard Deltell estime que les Québécois ont perdu leur temps à regarder les deux habitués de l'Assemblée nationale à se quereller et croient qu'ils ont été les perdants de la soirée.