Un organisateur libéral appelle à voter Legault

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À deux semaines du scrutin, Jean-Paul Boily se dit persuadé que son parti de toujours, le Parti libéral du Québec, mordra la poussière le 4 septembre.

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Le Québec en élections

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Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

(Québec) Un organisateur libéral de longue date tourne le dos au parti de Jean Charest, au moins pour ces élections-ci. Jean-Paul Boily exhorte les sympathisants libéraux à voter pour la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

À deux semaines du scrutin, Jean-Paul Boily se dit persuadé que son parti de toujours, le Parti libéral du Québec (PLQ), mordra la poussière le 4 septembre.

Une conviction qu'il a acquise à la lumière des sondages publiés depuis le début de la campagne, et au contact de citoyens qu'il croise tous les jours, dit-il.

En entrevue, il évoque «l'usure du pouvoir». «Les gens veulent du changement. Je ne fais pas la politique de l'autruche. Je vois que le Parti libéral glisse lentement.»

Jean-Paul Boily est au PLQ depuis plus de 30 ans. Très actif dans la région de la capitale, il a été membre de la commission juridique du Parti, président d'une association de circonscription, agent officiel et collecteur de fonds.

Aujourd'hui, il craint de «gaspiller» son vote en soutenant encore une fois le PLQ.

Fédéraliste convaincu, il veut voter «stratégiquement». Il veut empêcher l'élection d'un gouvernement du Parti québécois (PQ).

Et pour lui, la meilleure façon d'y arriver, désormais, est de voter pour la CAQ. C'est ce qui motive sa décision.

Même si la chef péquiste, Pauline Marois, se montre insuffisamment pressée aux yeux d'une frange de ses propres militants, lui redoute la tenue d'un troisième référendum sur la souveraineté du Québec.

«Je ne veux pas revivre les vieilles querelles du passé qui nous feront plonger, encore une fois, dans les chicanes constitutionnelles et les menaces de séparation», peut-on lire dans une lettre qu'il a envoyée au Soleil.

«Voter libéral à la prochaine élection serait, pour moi, un gaspillage qui ne servirait qu'à diviser le vote fédéraliste au profit des indépendantistes», insiste-t-il.

Serrer les rangs

Jean-Paul Boily est un organisateur et un militant dont la parole a été entendue plus d'une fois ces derniers mois.

En octobre, peu avant un congrès du Parti libéral du Québec, il avait envisagé de présenter une résolution d'urgence exigeant la tenue d'une commission d'enquête publique sur les allégations de collusion et de corruption. Il s'était finalement montré satisfait des décisions prises par le Parti à ce moment-là.

En avril, il avait indiqué souhaiter la tenue d'élections générales dès ce printemps. Il soutenait qu'il fallait régler le plus rapidement possible, par la voie des urnes, le conflit qui n'en finissait plus de finir entre le gouvernement du Québec et les fédérations étudiantes opposées à la hausse des droits de scolarité.

Jean-Paul Boily s'est chaque fois rangé derrière son chef et le parti. Il a toujours serré les rangs. C'en est fini. Pour ce scrutin-ci, du moins.

Aujourd'hui, il annonce qu'il conserve sa carte de membre du Parti libéral du Québec, mais qu'il votera pour la CAQ. Il lance un appel aux libéraux pour qu'ils fassent comme lui.

Cet ancien vice-président du Parti libéral du Canada voit l'ancien péquiste François Legault comme le meilleur rempart des Québécois opposés à la tenue d'un référendum.

Faire le ménage

Comme d'autres, l'ancien collecteur de fonds libéral a déjà été contacté par la Sûreté du Québec au sujet du financement du Parti libéral.

Jean-Paul Boily leur a dit avoir déjà, entre autres, cogné à la porte d'entrepreneurs ayant obtenu des contrats publics, mais n'avoir jamais sollicité quelque somme que ce soit en échange de la promesse de contrats publics à venir.

Cet avocat explique avoir toujours scrupuleusement respecté les règles et la loi. Et que c'est justement pour «faire le ménage» - pour éloigner les éventuelles pommes pourries qu'on retrouverait dans les partis, selon lui - qu'il a été l'un des premiers chez les libéraux, sinon le seul, à réclamer une enquête publique avant que le gouvernement de Jean Charest annonce la création de la commission Charbonneau.

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