Avant même l'ouverture des hostilités, plusieurs avaient noté que les femmes seraient pour la première fois en majorité à l'écran, en incluant les deux animatrices. Cette première présence de la porte-parole solidaire, qui portait le carré rouge, et sa contribution au débat des chefs ont d'ailleurs beaucoup plu sur la Toile. «F. David est la seule à écouter, avoir une attitude positive, célébrer les bons coups des autres. Respect et ouverture», a résumé Katerine-Lune Rollet.
Quant à la chef péquiste, certains ont noté son attitude «rassurante», mais d'autres ont déploré le ton «enfant du primaire». Mais de façon générale, Twitter la trouvait «en forme». «La différence entre les deux hommes et les deux femmes sur le ton et le respect dans les interventions est frappante ce soir», a ajouté Bernard Bastien.
Cible de choix
Jean Charest savait qu'il serait une cible de choix, dimanche soir, et la twittosphère savait aussi que le premier ministre sortant est un débatteur hors pair. Plusieurs ont reconnu son attitude plutôt assurée, alors que d'autres, au contraire, l'ont trouvé «stressé», «nerveux» ou «fatigué». Le fait que M. Charest ait d'entrée de jeu dénoncé l'intimidation et la violence du conflit étudiant a grandement déçu. Il faut dire que les jeunes et les étudiants sont surreprésentés sur Twitter.
Mais il a aussi fait rire, M. Charest. D'abord, le fait que le chef libéral ait affiché de larges sourires à plusieurs reprises a été noté sur Twitter, laissant libre cours aux interprétations. «Charest rit chaque fois qu'on parle de #corruption... comme un petit gars qui pense qu'il ne se fera pas pogner», suggère Patrick Gauthier.
Si Jean Charest semblait avoir «du fun», il en a visiblement donné aux internautes, très enclins à rire jaune après certaines de ses répliques. «Charest convaincu qu'il sera majoritaire = LOL», rigolait Frédéric Pierre. Certains ont aussi lancé des rires sarcastiques lorsque M. Charest esquivait les erépliques sur les questions de corruption. Plusieurs points d'interrogation ont été tapés sur Twitter lorsque le meneur libéral a répondu à Pauline Marois qu'il fallait «des preuves» avant d'instaurer une commission d'enquête. «Les enquêtes, ça sert à trouver des preuves, Monsieur Charest», a écrit Anne-Marie Gagnon.
Ton bagarreur
Le ton bagarreur de François Legault n'a pas tellement plu. On l'a maintes fois dit «irrespectueux», «en mode panique» et «manquer de savoir-vivre» faute de respecter les règles du débat à quelques reprises. Le chef caquiste est probablement celui dont les internautes ont été les plus prompts à mettre les gaffes en exergue. Quand Jean Charest lui a demandé s'il est vrai que les Québécois «ont plus d'argent dans leurs poches», M. Legault a répondu par l'affirmative. Questionné par Pauline Marois, il a aussi concédé qu'il n'avait rien noté d'irrégulier dans le financement du Parti québécois lorsqu'il en faisait partie.
Twitter est un outil d'information formidable. Quand Jean Charest a sorti le rapport Moisan de son chapeau - qui conclut que le Parti québécois a fermé les yeux sur des irrégularités dans son financement -, le rapport s'est aussitôt mis à circuler en ligne. Difficile de dire l'influence que peuvent avoir ces faits sur la campagne; probablement que les internautes en prendront connaissance lorsqu'ils auront fini de tweeter sur le débat. Plusieurs ont vu là une astuce de Jean Charest pour faire dévier le débat.