Débat des chefs: pas de «lapin», pas de faux pas

Les chefs des différents partis politiques de détendent... (La Presse Canadienne)

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Les chefs des différents partis politiques de détendent en riant un peu avant de s'affronter dans l'arène. On reconnaît François Legault, Jean Charest, Pauline Marois, Françoise David ainsi que l'animatrice Anne-Marie Dussault.

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Le Québec en élections

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Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

(Québec) Les quatre principaux chefs de parti sont parvenus à éviter les faux pas, dimanche, lors de leur premier face-à-face télévisé. Aucun n'a sorti de «lapin» de son chapeau.

Il est vite apparu que les leaders du Parti québécois, du Parti libéral du Québec et de la Coalition avenir Québec s'échangeraient des tirs croisés, laissant parfois sur la touche la porte-parole de Québec solidaire, qui a néanmoins tiré son épingle du jeu.

Le segment sur la gouvernance a offert les moments les plus corsés. Le libéral Jean Charest a fait face à des attaques liant son gouvernement à des cas de corruption. Il a retourné le feu vers ses adversaires. Citant le rapport Moisan de 2006, le chef du PLQ a soutenu qu'aucun cas de collusion n'a été démontré, contrairement à des épisodes de financement illégal au PQ.

La chef péquiste Pauline Marois est revenue sur l'affaire Tony Tomassi, cet ex-ministre libéral qui a dû démissionner et qui fait maintenant face à la justice. Elle a reproché à M. Charest de ne l'avoir «jamais blâmé» d'avoir accordé des permis pour des garderies à des donateurs libéraux.

Le Québec «a besoin d'un ménage» dans le financement des partis et dans la corruption, a repris le caquiste François Legault. Il insiste sur la force de son «trio d'incorruptibles».

La solidaire Françoise David a présenté son parti comme celui de la «transparence».

À tour de rôle, Mme Marois et M. Charest ont tenu à assurer de la probité de leur financement. M. Legault a défendu la politique de la CAQ d'exiger des candidats qu'ils récoltent 25 000 $. La CAQ doit affronter de «vieux partis» qui ont plus de moyens, justifie-t-il. Même réponse pour expliquer que sa campagne se limite à sillonner Québec, Montréal et les régions entre les deux.

Économie et emplois

Le thème de l'économie a ouvert les débats, et les questions sur la création d'emplois et la croissance de la dette ont fusé sur Jean Charest. «Il y a juste l'Île-du-Prince-Édouard qui est plus pauvre que nous autres, a reproché le chef caquiste M. Legault à M. Charest. [...] Pendant qu'on marche, les autres courent.»

Le premier ministre sortant a insisté sur la performance du Québec pendant la crise économique de 2008 et la croissance du revenu disponible des ménages. «Le Québec a récupéré 200 % des emplois perdus depuis la crise, s'est targué le chef libéral. Il a fait mieux que l'Ontario et que la moyenne canadienne.»

La chef péquiste a reproché au chef caquiste de dépenser à tout crin avec ses 94 engagements électoraux. Elle l'accuse «d'improviser», de ne pas savoir compter et de verser dans la «pensée magique».

La santé et l'éducation ont accaparé la plus grande partie des échanges sur les politiques sociales. La question du nombre de médecins de famille et leur rémunération a été au centre des échanges. M. Legault juge qu'il y a assez de médecins pour que chaque Québécois en ait un, M. Charest estime qu'il en manque 1000, et Mme Marois évalue le manque à 300 ou 400.

Le chef du PLQ s'est plu à associer Mme Marois et M. Legault aux coupes «cruelles» dans le système de santé lors de la course au déficit zéro. Ceux-ci ont rétorqué avec la promesse non tenue de M. Charest en 2003 d'éliminer l'attente en santé.

Il faut mettre la priorité sur la prévention et la lutte contre la pauvreté pour éviter l'engorgement du système de santé, estime Mme David. Elle dénonce une présence de plus en plus grande du privé dans le système public.

Crise étudiante

La crise étudiante qui a perturbé les derniers mois s'est évidemment invitée au débat. Jean Charest s'est désolé du cul-de-sac avec les étudiants malgré une proposition «juste», selon lui. «On ne peut pas accepter l'intimidation, la violence et la désobéissance civile», a-t-il dit. Mme David lui reproche d'endetter les jeunes et de nuire à l'accès à l'éducation alors qu'elle prône la gratuité scolaire.

Le dernier round a porté sur la question nationale et l'identité. Là encore, aucun participant n'a été sonné par une attaque d'un adversaire. Comme il l'a fait plus tôt dans le débat, Jean Charest s'est dit amusé par «la chicane entre deux souverainistes», Mme Marois et M. Legault, qui ont fait partie des mêmes gouvernements.

Ce dernier a été mis au défi d'expliquer son changement de cap sur l'indépendance. «J'ai cheminé, comme bien des Québécois», a-t-il dit en laissant tomber que «votre ministre des Finances» Raymond Bachand a fait de même. Il a plaidé que les électeurs ne lui en parlent jamais, qu'il n'a pas «vu de batailles dans les autobus» à ce sujet. Réplique teintée d'humour de Françoise David : «Je prends souvent l'autobus et j'ai jamais vu de bataille.»

Lorsque Pauline Marois a lancé à M. Legault qu'elle l'entendait enfin parler du français dans sa campagne, il a rétorqué «qu'on n'a pas besoin d'être souverainiste pour aimer notre langue».

La chef du PQ a conclu le débat. «Toute ma vie, je me suis préparée à cette élection», a-t-elle dit, comme un cri du coeur. La solidaire David a évoqué dans sa conclusion la possibilité que Mme Marois devienne la première première ministre du Québec.

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