«La loi doit bien sûr être appliquée, a commenté dimanche avant-midi le candidat caquiste Duchesneau. C'est une perte financière importante pour le gouvernement.»
Dans son programme électoral, la CAQ promet d'assumer le «leadership nécessaire et combattre efficacement la contrebande de tabac». «On ne veut pas avoir différentes catégories de citoyens, a déclaré M. Duchesneau. Il y a des gens honnêtes qui respectent les lois. Il faut que ce soit la même chose pour tout le monde.»
La caquiste Sylvie Roy estime que les gouvernements successifs n'agissent pas parce qu'ils sont «terrorisés» à l'idée d'une nouvelle crise sociale avec des groupes autochtones. «C'est certain que lorsqu'on enlève une source importante de revenus à des criminels, ça ne leur fait pas plaisir, remarque-t-elle. Mais pourquoi on éradiquerait la corruption dans la construction et qu'on laisserait dans les réserves des foyers criminels comme ça?»
Selon Mme Roy, alors que la «douche» de la contrebande coule, le gouvernement se contente de «vider le bain avec une chaudière». «Il faut fermer le robinet», dit-elle. En matière de jeu illégal, les tribunaux ont bien statué qu'ils ne s'agissaient pas d'une «activité traditionnelle», remarque-t-elle.
«On évite d'en parler, déplore Mme Roy. Quand on sait que les policiers de la Sûreté du Québec doivent patrouiller sur les réserves avec deux véhicules, l'un en renfort de l'autre... Imaginez comme la communauté est aux prises avec la violence. Surtout dans le territoire contigu de l'État de New York et de Montréal.»
Une avenue à explorer pour tenter d'éviter la confrontation serait d'obtenir l'appui de femmes qui veulent que les choses changent, estime Mme Roy. «Je pense que les chefs en mènent large, mais il y a une majorité de femmes qui vivent dans la communauté qui en ont soupé, affirme Sylvie Roy. C'est avec elles qu'il faut travailler de l'intérieur.»