Débat des chefs: pas de K.-O., prédit André Boisclair

L'ex-politicien André Boisclair devenu consultant en environnement avait... (Photothèque Le Soleil, Érick Labbé)

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L'ex-politicien André Boisclair devenu consultant en environnement avait croisé le fer en 2007 contre Jean Charest et Mario Dumont.

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

(Québec) Il n'y aura pas de knock-out spectaculaire ou de triomphe au débat des chefs, prédit l'ancien chef du Parti québécois André Boisclair.

«Cette année, c'est comme s'il y avait quatre rounds. Et connaissant les gens autour de la table, je serais étonné s'il y en avait un d'entre eux qui sorte K.-O. Je ne suis pas convaincu qu'il y ait de grand gagnant», a expliqué l'ancien leader du Parti québécois, en entrevue au Soleil.

Le politicien devenu consultant en environnement avait croisé le fer en 2007 contre Jean Charest et Mario Dumont. Il garde un très bon souvenir de l'affrontement, même si le débat génère son lot de stress. «On ne cachera pas que c'est un moment de stress, sous haute tension, où les enjeux sont élevés», dit-il.

La campagne électorale en cours est imprévisible et les débats laisseront des traces. «On dit que les jeux sont loin d'être faits quand on regarde les sondages. Donc les débats pourraient avoir un rôle important.»

La clé pour les chefs réside selon lui dans un habile jeu d'équilibrage. «Autant je pense qu'il y aura certaines attaques vives, il ne faudrait pas non plus qu'il y ait des gestes déplacés. Ce n'est pas parce qu'on a des opinions diamétralement opposées à celles de nos adversaires qu'on est autorisés à jouer dans l'injure ou l'insulte.»

Après un printemps mouvementé en raison du conflit étudiant, André Boisclair estime que les chefs de parti doivent rassurer les Québécois et couper court aux insultes. «Si un politicien se risquait à jouer dans ce registre-là, il en paierait cher le prix. Les Québécois veulent aussi quelqu'un qui va diminuer ou apaiser les situations de tension qu'on a connues ces derniers mois.»

Trois chefs, trois approches

L'adversaire péquiste de Jean Charest en 2007 reconnaît que le chef libéral marque parfois des points dans les joutes oratoires. «J'ai débattu avec M. Charest. Je sais qu'il est capable de discuter sous la pression», concède André Boisclair.

Il ne s'inquiète pas pour autant de la performance de Pauline Marois. «On a tous vu Mme Marois ces derniers mois se comporter de façon très digne devant la tension qui existait dans son propre parti. Je pense qu'on va reconnaître cette même femme dans les débats», prédit-il. «C'est une femme d'expérience. Elle a vu neiger.»

André Boisclair est moins tendre envers François Legault, qu'il a côtoyé jadis à l'Assemblée nationale. «François que j'ai bien connu... J'ai l'impression qu'il risque de s'éparpiller.» Trop de priorités, trop de conflits potentiels, croit le retraité de la politique. «Il a ouvert bien des fronts ces derniers mois! Et là, je comprends que les Québécois aiment les sports extrêmes, un bon match de hockey où ça joue solide, mais j'ai pas l'impression que personne d'entre eux est prêt à aller à la guerre. Le défi pour lui, ça va être de témoigner d'un certain sens des priorités.»

Peu importe le contenu et la bataille des idées des débats, les perceptions influenceront beaucoup la fin de la campagne, estime André Boisclair. «Après le débat, il y a un débat sur le débat! Et là, c'est triste à dire, mais c'est la joute des spin doctors

Tous les partis, y compris son ancienne formation, tenteront alors de persuader l'électorat que leur chef a triomphé devant les caméras. «Il y a une guerre de tranchées qui s'ouvre après le débat. J'invite les lecteurs et auditeurs à prendre une certaine distance par rapport à tous ces commentaires de gens qui se font spinner, et à se faire leur propre idée. Et surtout, de ne pas se faire une opinion quand il y a quatre débats qui s'en viennent! C'est la moyenne au bâton qui va compter.»

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