Les journalistes ont croisé à quelques occasions le ministre et leader parlementaire sortant, hors de la région de Montréal où se trouve sa circonscription de Saint-Laurent. Jeudi, par exemple, il était avec M. Charest, à Québec.
Il arrive que des détenteurs de portefeuilles ministériels se payent des incursions en dehors de leur circuit régional durant un scrutin. Mais c'est en renfort pour une annonce dans un dossier dont ils sont responsables.
Dans la capitale, Jean-Marc Fournier était à 100 pieds de l'estrade pour la conférence de presse. La main sur le menton, un sourire un peu narquois aux lèvres, il observait avec un air satisfait les échanges entre le leader du Parti libéral du Québec (PLQ) et les journalistes.
Perspective inédite
M. Fournier reconnaît qu'il est inédit qu'un candidat participe de cette façon à une tournée électorale. Mais il signale qu'il amène ainsi une perspective tout aussi inédite sur le plan de la campagne et de son contenu. En 2008, il a occupé une place de conseiller à temps plein dans l'autobus du chef, n'ayant pas brigué les suffrages.
Jean-Marc Fournier insiste pour dire qu'il ne tient pas du tout pour acquis sa réélection même s'il a remporté l'élection complémentaire de 2010 - pour succéder à un autre libéral Jacques Dupuis - en raflant près de 65 % des suffrages.
Les «poches sous les yeux» attesteraient le fait qu'il arpente systématiquement les rues de ce fief du PLQ. Il ajoute que, de toute façon, il n'a consacré que quatre journées et demie à des sauts dans l'autobus de Jean Charest.
C'est sans compter qu'il est à la manoeuvre en vue des débats des chefs, qui débutent ce soir. Signe de l'appréciation que lui porte M. Charest, il est le seul élu dans l'équipe qui s'enferme pendant deux jours avec le meneur du PLQ pour le préparer à affronter ses adversaires.
Il y a quelques jours, Jean Charest s'est fait demander s'il s'est préoccupé de préparer sa relève. La réponse a été «non». M. Fournier répond que l'idée ne lui est jamais venue à l'esprit. Il dit avoir appris du Soleil, il y a deux jours, qu'une rumeur a couru à cet effet, il y a quelques années, chez des adversaires.