En visite vendredipour appuyer Valérie Guilloteau, candidate solidaire dans Lévis, le coporte-parole de Québec solidaire (QS) a vigoureusement attaqué la crédibilité de leur adversaire péquiste.
En 2006, alors qu'il était président de la Chambre de commerce de Lévis, Stéphane Labrie avait signé le registre des lobbyistes et avait fait des représentations pour Rabaska, a rappelé M. Khadir.
Dans sa stratégie énergétique présentée jeudi, le PQ dit au contraire s'opposer fermement au projet et vouloir y mettre fin une bonne fois pour toutes, une position qu'endosse et défend aujourd'hui M. Labrie.
«Est-ce que ça devrait rassurer la population de Lévis que M. Labrie s'oppose maintenant au projet alors qu'il était un lobbyiste pour le projet en 2006? Le PQ nage ici en pleine confusion, encore une fois», a tonné le député de Mercier. «Quelle crédibilité a cette parole lorsque M. Labrie prétend que le projet est enterré, alors qu'il sait très bien, comme nous tous, que Gaz Métro n'attend qu'une opportunité pour le relancer?»
Khadir a ajouté que le PQ n'avait pas la légitimité de prendre un engagement clair et résolu sur Rabaska en ayant M. Labrie dans ses rangs. «Il a dit beaucoup de choses pour aller dans le sens du projet. Maintenant, il dit le contraire. On ne rentre pas en politique pour changer d'idée», a renchéri Valérie Guilloteau.
Un épouvantail, dit Labrie
Stéphane Labrie a aussitôt balayé du revers de la main les critiques de QS à son endroit et estime que le projet Rabaska n'est pas un enjeu dans la présente campagne électorale. «Mme Guilloteau manque de sujets. Personne ne me parle de Rabaska à part elle!» a-t-il lancé, visiblement agacé de voir le dossier prendre autant d'ampleur dans Lévis.
Concernant ses représentations favorables à Rabaska, il a accusé ses adversaires de s'en servir comme un «épouvantail». Il a réitéré que le projet de 2006 n'était plus viable et que dans sa forme actuelle, il s'y opposerait. «Le projet de 2006 était un projet d'importation et le prix du gaz était alors autour de 10 $ le 1000 pieds cubes. Là, c'est un projet d'exportation. On n'est pas intéressé à être une station-service.»
En 2008, après la découverte d'importantes quantités de gaz naturel aux États-Unis, le prix sur le marché américain a croulé à 2,75$ le millier de pieds cubes, rendant le projet Rabaska beaucoup moins intéressant sur le plan économique, a-t-il poursuivi.
Et si le prix du gaz remontait? «Je ne vois pas le jour où le prix du gaz va remonter à ce point. Et entre-temps, on va avoir développé des énergies alternatives, plus propres. Le gaz sera moins essentiel.»
Retrait des décrets ministériels
Pour éviter que le projet ne refasse surface, Amir Khadir et Mme Guilloteau ont par ailleurs réclamé un retrait immédiat des décrets ministériels autorisant Rabaska.
Ils ont prévenu les habitants de Lévis que Gaz Métro n'attendait que le moment opportun pour revenir à la charge. «Ils n'attendent que le député approprié et le prix approprié.»
Le 29 juin dernier, la présidente de Gaz Métro, Sophie Brochu, confirmait que Rabaska était toujours sur la glace. Advenant une hausse des prix du gaz sur le marché autour de 8 à 10$, Rabaska «redeviendra intéressant économiquement», affirmait-elle au Soleil.