Patrice Bergeron ou Simon Gagné avec un chandail du Québec dans un championnat du monde? Ne rêvez pas en couleurs avant plusieurs années, soutient essentiellement la Fédération internationale de hockey sur glace.
Le Soleil évoquait vendredi le désir du Parti québécois (PQ) de promouvoir une équipe Québec de hockey pour les joueurs professionnels lors de championnats du monde. La chef du PQ, Pauline Marois, a cependant nuancé cette intention vendredi, stipulant qu'elle avait plutôt en tête les joueurs bantam ou midget.
Peu importe, ce rêve mis de l'avant par certains souverainistes de voir un jour une équipe québécoise batailler pour la rondelle à l'échelle internationale est parsemé d'embûches.
Première étape: devenir un pays. «En se fiant à nos règlements et statuts, on accepte uniquement des joueurs issus des pays indépendants», explique au Soleil le directeur des communications de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIIHG), Szymon Szemberg, joint en Suisse. Pas question d'un passe-droit, comme celui octroyé à l'Écosse au rugby.
Même avec une hypothétique ouverture du gouvernement fédéral ou de Hockey Canada. «Le Québec doit être un pays indépendant pour avoir une équipe de hockey», insiste Szymon Szemberg.
Advenant un tel scénario, le Québec aura tout le loisir de créer un organisme national du style Hockey Québec et remplir une demande d'application auprès de la FIIHG.
En dépit de la qualité des joueurs québécois, une éventuelle formation fleurdelisée serait alors reléguée dans les abîmes du classement. «L'équipe du Québec commencerait tout en bas de l'échelle, en quatrième division. Ça veut dire qu'elle affronterait la Turquie, Israël, l'Islande. Ils devront gagner dans toutes les divisions pour grimper dans le top 16. Ça leur prendrait environ quatre ou cinq ans, si jamais ils gagnent tous les tournois», explique le représentant de la Fédération.
Le Québec devrait finalement laisser dans les estrades la majorité de ses joueurs. «Tous les joueurs franco-canadiens, tous les Québécois, qui ont déjà représenté le Canada dans des compétitions internationales, seront inéligibles. Martin Brodeur, Vincent Lecavalier, Martin Saint-Louis, tous ces joueurs n'auront pas le droit de jouer pour le Québec. Ils ont déjà représenté le Canada sur la scène internationale», précise Szymon Szemberg.
Les ambassadeurs canadiens devraient couper tous les liens avec Hockey Canada et jouer pendant au moins quatre années consécutives au Québec. C'est seulement après ces quatre années qu'ils auront le droit d'endosser un hypothétique maillot d'Équipe Québec.