L'ancien ministre libéral de la Justice avait laissé planer le mystère cette semaine quant à la possibilité de se présenter comme indépendant dans la circonscription de son ancien patron.
Mais vendredi, il a clarifié ses intentions, affirmant qu'il préférait appuyer le candidat péquiste. «Je suis assez heureuse de cela, c'est Marc Bellemare qui a débusqué les post-it du régime libéral», a réagi la chef souverainiste, qui était de passage dans la capitale nationale.
En compagnie de M. Cardin à Sherbrooke, Marc Bellemare a incité fortement les électeurs de la circonscription à voter en grand nombre pour se «débarrasser» de Jean Charest et de son gouvernement.
«On vise le même objectif que Marc Bellemare: faire en sorte que l'on se débarrasse du gouvernement de M. Charest, a soutenu Pauline Marois. C'est un mauvais gouvernement qui a laissé la corruption s'infiltrer dans nos institutions. Alors Marc Bellemare et nous, c'est même combat à cet égard», a-t-elle renchéri.
Visiblement toujours en colère contre le premier ministre sortant, M. Bellemare a admis qu'il a «rêvé d'en découdre» avec le chef libéral en se présentant contre lui sans s'affilier à un parti politique. Mais il estime que ce n'était pas nécessaire, en raison de la présence du candidat péquiste qu'il a louangé.
«Il y a déjà ici, dans la circonscription de Sherbrooke, un homme qui saura parfaitement représenter les intérêts de ses électeurs à l'Assemblée nationale, comme il l'a fait pendant plus de 12 ans à la Chambre des communes, à Ottawa», a dit M. Bellemare.
«Ses états de service irréprochables me convainquent qu'il est le meilleur candidat pour battre Jean Charest le 4 septembre prochain», a-t-il ajouté en parlant de l'ex-député bloquiste.
L'ancien ministre de la Justice a par ailleurs appelé les jeunes électeurs à s'exprimer en faveur du candidat péquiste, faisant particulièrement référence aux étudiants du Cégep et de l'Université de Sherbrooke.
«S'il y a bien une chose que Jean Charest craint comme la peste, c'est que les Québécois votent massivement», a-t-il dit.
M. Bellemare s'est attaqué à Jean Charest, l'accusant d'avoir toujours privilégié les intérêts des amis du Parti libéral plutôt que ceux des Québécois. «Des années de favoritisme et de copinage ont fait du gouvernement Charest le gouvernement le plus corrompu de l'histoire récente du Québec», a-t-il déclaré.
«Si nous sommes en campagne électorale présentement, c'est parce que Jean Charest est pressé de se présenter devant l'électorat avant que la commission Charbonneau ne révèle au grand jour l'étendue des dégâts.»
Cardin honoré
Serge Cardin, de son côté, s'est dit «honoré» de voir que Marc Bellemare lui fait confiance dans le cadre du scrutin, puisque l'objectif de ce dernier est également celui des troupes péquistes, soit de déloger Jean Charest.
Le candidat du Parti québécois affirme d'ailleurs que «nous n'aurions pas pu prétendre affirmer ce qui allait arriver lors du scrutin avec la présence de M. Bellemare».
«Nous nous sommes parlé et nous avons jugé que nous avions les mêmes objectifs d'honnêteté et d'intégrité, qui sont deux aspects importants chez les politiciens.»
M. Cardin estime que la décision de M. Bellemare vise à battre M. Charest sans toutefois prendre le risque de diviser le vote. L'appui de M. Bellemare est donc, à ses yeux, un appel au vote stratégique.
Sans vouloir se prononcer directement sur les sondages qui lui donnent une forte longueur d'avance sur le chef libéral, Serge Cardin a dit constater que les gens ont «la ferme intention d'aller voter», et qu'il envisage une hausse du taux de participation électorale, «ce qui a toujours été favorable au Parti québécois et à ses candidats».
Avec La Presse Canadienne