Le député sortant, le libéral Jean D'Amour, se mesure à Michel Lagacé, du PQ, fort lui aussi d'une longue expérience en politique municipale à titre de maire de Saint-Cyprien, président de la Conférence régionale des élus et préfet. La Coalition avenir Québec - l'équipe de François Legault, la CAQ - est représentée par Gaétan Lavoie, résidant du Témiscouata, territoire regroupé avec Rivière-du-Loup selon la nouvelle carte électorale.
«Nous avons perdu beaucoup d'emplois liés à des services de proximité. On veut se développer, mais on nous barouette d'un bord et de l'autre», dit le préfet de Témiscouata, Serge Fortin. Après avoir été une circonscription, sa MRC, l'une des plus pauvres au Québec, a été jumelée avec Kamouraska avant d'être maintenant regroupée avec Rivière-du-Loup.
Le préfet des Basques, Bertin Denis, dit avoir besoin de revenus autonomes pour assurer le développement. «Le fardeau fiscal de nos citoyens est trop élevé. Peu importe nos projets, par exemple la minicentrale, on trouve le moyen de nous freiner.» Là, plus du quart de la population est âgée de 65 ans et plus, au contraire de sa voisine, Rivière-du-Loup, qui est celle qui compte le moins d'aînés de la région et où l'âge médian de la population est le moins élevé, soit 45 ans. Là, la réalisation du Parc maritime est en tête des priorités du maire, Michel Morin.
«Ma priorité, c'est l'économie et l'emploi au service des citoyens de chez nous», dit Jean D'Amour. «Dans les Basques, nous avons mis en place les fondements nécessaires au développement en investissant dans les infrastructures», dit-il, ajoutant que le discours du Témiscouata doit changer.
«Ce n'est pas la MRC la plus pauvre au Québec, c'est la plus riche, avec ses ressources naturelles et son parc national qui apportera des dividendes touristiques. J'y ai répertorié près de 125 emplois industriels générés par des projets en cours. Le Témiscouata, c'est un diamant brut qu'il faut polir.» Dans Rivière-du-Loup, M. D'Amour estime que son gouvernement a excellé en économie, notamment avec le projet de cale sèche de Méridien maritime à Cacouna. «C'est beaucoup d'emplois.»
Crédits aux régions
Le péquiste Michel Lagacé estime qu'une grande partie de la solution de l'emploi se trouve dans les crédits aux régions-ressources sur la masse salariale qu'il faut reconduire. «Cette mesure avait permis de créer 1100 emplois dans la seule MRC de Rivière-du-Loup en 2000. Depuis l'annonce de son retrait progressif, en 2007, cette même MRC a perdu 300 emplois et les investissements en immobilisations ont baissé de 20 millions$», dit-il.
Michel Lagacé a obtenu l'assurance de sa chef, Pauline Marois, de la réalisation d'un projet éolien de 225 mégawatts qui générerait des bénéfices nets de 1,3 million$ annuellement à chacune des huit MRC du Bas-Saint-Laurent. «Ça assurera les municipalités d'avoir des revenus autonomes grâce à un levier économique important.»
Gaétan Lavoie, de la CAQ, s'en remet à la plateforme de sa formation politique. «L'éducation en est un élément important. Le taux de décrochage dans les deux commissions scolaires de ma circonscription est élevé. Il faut former nos jeunes en fonction des besoins régionaux pour éviter qu'ils partent travailler à l'extérieur», dit celui qui a longtemps travaillé comme conseiller en gestion au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, et pour qui la santé et l'emploi sont aussi importants. «L'offre pour les entrepreneurs est inégale et ça va prendre plus de concertation dans nos organisations de développement économique. Il y a aussi du ménage à faire là-dedans», conclut celui pour qui «il faut que ça change».
Pauline Marois, Jean Charest et François Legault sont tour à tour venus appuyer leur candidat. Ces derniers se mesureront lors des débats, dont un sera présenté le 29 août en matinée à l'Hôtel Universel de Rivière-du-Loup. L'exercice sera radiodiffusé à CIEL-FM.