La chef du Parti québécois était en ville, vendredi, pour présenter les grandes lignes de sa plateforme régionale pour la capitale nationale. Des engagements qu'elle n'a pas cru bon de chiffrer précisément, se contentant d'affirmer qu'ils représenteront une somme pouvant aller jusqu'à «une dizaine de millions de dollars». Un contraste avec la stratégie du chef libéral Jean Charest qui s'était présenté en début de semaine à Québec avec sous le bras des promesses qui culminaient à 295 millions $.
Pourtant, le Parti québécois s'engage à appuyer plusieurs projets d'infrastructures, dont le prolongement de la promenade Samuel-De Champlain, la restauration des Nouvelles Casernes, l'anneau de glace, le projet de tramway, l'amphithéâtre, le théâtre Diamant de Robert Lepage et les agrandissements du PEPS, du Musée national des beaux-arts du Québec, du Centre des congrès et de l'aéroport Jean-Lesage.
Les fonds qui seront injectés dans ces projets ne sont pas inclus dans le montant de 10 millions $, explique Pauline Marois, car ils ne sont pas des dépenses courantes et s'intégreront plutôt dans «un budget d'infrastructures».
Comme le révélait Le Soleil hier, le Parti québécois promet de soutenir la formation d'équipes de hockey composées uniquement de Québécois pour les championnats mondiaux. Hier, Mme Marois a parlé de joueurs de niveau «bantam et midget» et a souhaité que le Québec imite l'Écosse qui possède ses propres équipes, même si elle fait partie du Royaume-Uni.
Mais pas un mot dans la plateforme régionale sur la réforme des relations de travail dans les municipalités, un thème très cher au maire de Québec, Régis Labeaume. Si elle s'était toujours montrée assez tiède devant l'idée d'octroyer le droit de lock-out aux villes, Mme Marois a fermé la porte définitivement hier. «Je voudrais qu'on explore plutôt d'autres avenues plutôt que la question du lock-out» qui de toute façon ne s'appliquerait pas aux policiers et aux pompiers et qui exclura évidemment les services essentiels, dit-elle. «Avant d'ouvrir cette boîte de Pandore qu'est la possibilité pour les municipalités d'utiliser le droit au lock-out, je crois qu'il y a d'autres avenues qu'on devrait explorer.»
Entre autres, la création d'un tribunal d'arbitrage permanent qui agirait dans les négociations entre les Villes et leurs employés ainsi que le recours à la méthode de la «meilleure dernière offre» pour trancher les litiges.
Autre proposition, celle d'acquérir le manège militaire. Le parti suggère que l'État québécois achète l'édifice qui a été incendié en 2008, mais sous la condition qu'Ottawa fournisse les sommes nécessaires à sa reconstruction. «Si [le gouvernement fédéral] ne veut pas rénover, qu'il nous donne les compensations nécessaires. Nous allons investir avec la Commission de la capitale nationale pour remettre le bâtiment à neuf et pour lui donner une vocation selon la volonté des décideurs.» La chef n'a pas précisé cette vocation, mais a évoqué la «trame qui s'inscrit dans la partie festive, avec le Pigeonnier, le parc en face du manège et les Plaines derrière».
Plusieurs autres engagements ont aussi été annoncés pour la région, dont la création d'une école de formation spécialisée dans le développement de l'entrepreneuriat, la mise sur pied d'un laboratoire de création et d'innovation, la préservation de l'arrondissement historique de Sillery, l'ouverture d'un bureau régional de la SODEC, la création d'une Maison du théâtre jeunesse et la fusion des conservatoires de musique et de théâtre.