«Je démissionne, car malheureusement, les cols rouges ont été jaunes dans l'aventure et moi, je ne me sens pas représentatif d'une bande de jaunes», a déclaré, déçu, Claude Roy, qui se présentait comme candidat indépendant «cols rouges» dans la circonscription de Vanier-Les Rivières. «[...] J'y allais pour représenter 26 000 personnes qui avaient signifié leur écoeurantite aiguë, mais qui finalement sont pas assez écoeurées. Je dis aux "cols rouges" : "Continuez de prendre votre bière sur votre patio, ouvrez les tribunes téléphoniques et plaignez-vous, car c'est tout ce qu'il vous reste".»
Claude Roy est amer. Il en veut à ceux qui ont appuyé le mouvement des «cols rouges», mais qui n'ont pas levé le petit doigt pour l'aider à se faire élire. L'ex-député élu par le passé sous la bannière adéquiste s'était porté candidat des cols rouges aux élections du 4 septembre après avoir remporté «l'investiture» de la station de radio FM 93, qui souhaitait envoyer un représentant des «payeurs de taxes» à l'Assemblée nationale.
«Ils sont restés neutres, alors qu'ils sont supposément 26 900 écoeurés» et «qu'ils ne se sont pas levés en tant que peuple», a-t-il notamment dit, vendredi matin, en conférence de presse à son local électoral. Il aurait souhaité que l'animateur Sylvain Bouchard soit plus présent à ses côtés durant la campagne.
Bien qu'il ait présenté ses excuses, Claude Roy maintient qu'un débat doit être fait sur ce qu'il appelle l'immigration économique. «C'est sorti gauchement», a-t-il souligné en faisant référence à l'entrevue qu'il a accordée à CHOI Radio X, où il avait déclaré : «Ça prend plus d'Asiatiques et moins d'Arabes». Il assure que ce n'est pas cette controverse qui l'a poussé à démissionner.
Claude Roy remise donc son autobus de campagne. Cette aventure électorale lui a coûté 15 000 $ qu'il assumera de sa poche.
Réactions
La direction du FM 93 estime que le retrait du candidat col rouge ne nuira pas aux opérations de la station de radio. «Je trouve juste dommage que ça tombe, car Sylvain [Bouchard] a mis beaucoup de travail là-dessus», a laissé savoir Robert Langdeau, directeur des programmes et de l'information. «La Loi électorale est très claire. On ne peut pas appuyer un candidat ni l'aider dans son financement non plus. À partir de la première journée de la campagne électorale, on ne pouvait plus rien pour lui.»