Le maire Jean Tremblay craint l'offensive laïque

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Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, ne tolère pas qu'une candidate péquiste d'origine algérienne, Djemila Benhabib, vienne «dicter les règles» en matière d'accommodements raisonnables.

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

(Québec) Loin de s'amender ou de nuancer ses propos, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a réitéré mercredi en entrevue au Soleil qu'il ne tolère pas qu'une candidate péquiste d'origine algérienne, Djemila Benhabib, vienne «dicter les règles» en matière d'accommodements raisonnables. Fervent catholique, il craint surtout que la candidate au discours articulé parvienne à convaincre les élus d'aller encore plus loin en matière de laïcité.

Jean Tremblay, qui n'a pas hésité dans le passé à engager des fonds publics pour défendre en cour le droit de son conseil municipal de prononcer une prière avant chaque séance, persiste et signe. «Nous, on a une culture, on a un vécu, des ancêtres. On a un drapeau [orné d'une croix chrétienne], on a un crucifix. Là, arrive quelqu'un de l'étranger, je peux vous dire qu'elle est très articulée, probablement qu'elle a beaucoup d'instruction, j'sais pas, là, et c'est elle qui va nous dicter nos règles?»

La candidate dans Trois-Rivières, née en Ukraine et élevée en Algérie, résidante du Québec depuis 15 ans, soutient la position du Parti québécois en matière de laïcité, sauf que la militante anti-islamiste et prolaïcité va à l'encontre de la position de son parti quant au débat sur le crucifix à l'Assemblée nationale.

Le maire Tremblay n'a rien contre le fait qu'une personne née ailleurs qu'au Québec se présente aux élections, mais on le sent réticent à voir ces candidats aborder le thème des accommodements raisonnables, «qui concernent notre culture profonde. On est ouverts. Mais là, y a une marge entre être ouvert et être bonasse. Tu peux accepter qu'une personne vienne. Quand tu viens dans un pays, y a des règles, y a une culture à respecter».

En réalité, explique-t-il, il serait prêt à un certain compromis pour la prière au conseil municipal et en matière de laïcité. «Si je savais qu'on arrêtait de faire la prière, mais que ça arrêterait là, pis qu'on n'en parlerait plus jamais, ce serait pas si pire.»

Mais il craint une certaine escalade de la laïcité. Et il est persuadé que la candidate a un plan pour ce faire. «Je l'ai écoutée ce matin, pis je vous dis qu'elle a un plan bien monté là! Elle est préparée là, elle! [...] Elle parlait des écoles, des hôpitaux, tout ça, c'était très facile de s'apercevoir que cette personne-là veut imposer ses idées ici.»

Et le fait qu'elle s'exprime avec éloquence l'incite à craindre encore davantage. «J'ai peur qu'à l'Assemblée nationale, peureux comme ils sont, ils vont se plier à ça, dit-il. [...] Là, là, tout à coup, y arrive quelqu'un avec des grandes théories, des grands mots, pis on les connaît là ces grandes affaires-là, "ah oui, c'est une madame instruite"... Et on va plier devant ça?»

Il refuse de croire qu'une majorité de Québécois soit d'accord avec Mme Benhabib. Mais peu importe : «Même si c'était la majorité. C'est pas parce que la majorité pense d'une façon qu'elle a raison.»

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