Charest sourit à la possible candidature de Bellemare

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Jean Charest a soigneusement évité toute attaque contre son ennemi. Marc Bellemare, qui demeure à Québec, a le droit de se présenter où il veut, a insisté le libéral.

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

(Québec) Jean Charest se refuse à lancer toute critique sur la possible candidature de Marc Bellemare dans Sherbrooke. Il a cependant esquissé un large sourire lorsqu'il a précisé qu'il n'a pas à réagir «parce qu'il n'est pas encore candidat».

Au moment où le caquiste François Legault laissait entendre que la venue de M. Bellemare n'est pas une bonne idée pour battre M. Charest dans sa circonscription, le chef libéral a esquivé les questions sur cette possibilité.

M. Bellemare a été membre du cabinet de Jean Charest, dont il a claqué la porte, en 2004, après un an de pouvoir. L'avocat a affirmé avoir reçu des pressions de libéraux pour les nominations de juges quand il a été ministre de la Justice. MM. Bellemare et Charest se sont mutuellement poursuivis devant les tribunaux.

En point de presse, à l'Observatoire de la Capitale, pour présenter ses promesses pour la région, le meneur du Parti libéral du Québec (PLQ) a soigneusement évité toute attaque contre son ennemi et critique, qui demeure à Québec.

«Nous vivons en démocratie», a répondu M. Charest. «Il est libre de se présenter aux élections. S'il choisit de se présenter dans Sherbrooke, que je connais bien», pour avoir remporté chacune des élections auxquelles il a pris part depuis 1984, le libéral dit faire confiance au jugement de la population.

C'est aux électeurs qu'il revient de juger de la crédibilité d'un homme qui semble vouloir régler un compte personnel, a-t-il suggéré. Jean Charest n'a jamais voulu dire que son éventuel adversaire est animé par la vengeance. Il n'a pas voulu se prononcer pour dire si ce geste a pour but de diviser le vote qu'il reçoit et affaiblir ses appuis.

«Il en a tout à fait le droit, a-t-il répété. Il expliquera pourquoi. La population décidera. Je suis un démocrate, moi. Je crois à la démocratie.»

Un journaliste lui a demandé pourquoi refuser de qualifier la venue de Marc Bellemare alors qu'il ne manque pas d'épithètes pour François Legault, qu'il a décrit à répétition, mardi, comme «pas fiable». «Parce que», a rétorqué le chef du PLQ en souriant, «il n'est pas encore candidat.»

Pas besoin de Bellemare, dit Legault

Sherbrooke n'a pas besoin de la candidature de Marc Bellemare pour battre Jean Charest, a soutenu François Legault, lors d'un arrêt de sa caravane électorale, à Lévis. Le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) Philippe Girard ferait très bien l'affaire, a laissé tomber le chef de la CAQ.

La réflexion de l'avocat de Québec sur un éventuel retour en politique n'a pas ému M. Legault. «Nous, on a le meilleur candidat, un jeune brillant, a-t-il réagi. Si M. Bellemare veut aider, qu'il aille l'appuyer à Sherbrooke. Je ne pense pas que d'ajouter une candidature à ce moment-ci puisse nous aider à battre le gouvernement Charest.»

Jamais M. Legault n'a tenté d'attirer M. Bellemare à la CAQ et personne du parti n'a été mandaté pour chercher à le convaincre, a assuré le caquiste. «La dernière fois que je l'ai vu, il était encore à l'Assemblée nationale, a-t-il dit. Nous, on n'a eu aucune discussion avec lui.»

La chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, a affiché sa confiance que ce soit son candidat, Serge Cardin, qui parvienne à faire mordre la poussière à M. Charest, qui en est à sa 10e élection. Elle a suggéré que M. Bellemare ne vienne pas brouiller les cartes.

«Je pense que la bataille est bien engagée avec le candidat du Parti québécois, j'aimerais que l'on continue à aller dans ce sens-là, mais je ne peux pas prendre de position à la place de M. Bellemare», a brièvement répondu Mme Marois, à Trois-Rivières.

La semaine dernière, un sondage du quotidien La Tribune donnait 15 points d'avance à Serge Cardin contre celui qui est député libéral de Sherbrooke depuis 1984, dont neuf ans à Québec.

La chef péquiste a par ailleurs tenu à souligner que c'est justement M. Cardin, un ancien du Bloc québécois, qui avait succédé à Jean Charest, en 1998, quand ce dernier avait décidé de quitter le Parlement pour l'Assemblée nationale.

«Je souhaite qu'il [Serge Cardin] succède à M. Charest, mais comme député du Parti québécois. [...] Vous pouvez conclure pour le reste par rapport M. Bellemare», a laissé tomber Mme Marois.

Avec Simon Boivin et Annie Mathieu

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