Le bruit courait, lundi, sur Twitter, mais Me Bellemare a confirmé lundi soir au Soleil qu'il est effectivement tenté par un retour en politique.
«J'évalue, je réfléchis», admet l'ex-libéral, qui se donne jusqu'à samedi - date limite fixée par le Directeur général des élections pour les mises en candidature dans la présente campagne - pour rendre publique la conclusion de sa réflexion.
Entre-temps, Me Bellemare a toutes les allures d'un politicien en campagne lorsqu'il attaque sans ménagement le bilan «assez médiocre» du chef libéral à la tête de l'État.
Engagements non tenus
«M. Charest a menti sur les engagements qu'il a pris depuis 2003. Il n'a jamais respecté ses engagements.» Il énumère ensuite une longue liste de promesses pour lesquelles, accuse-t-il, il n'a pas livré la marchandise : diminution des listes d'attente dans les hôpitaux, augmentation du nombre de places dans les CPE, baisses d'impôts.
«On ne mérite pas d'être réélu quand on ment à son peuple», peste l'avocat.
Si l'ex-ministre de la Justice songe de plus en plus à faire le saut, c'est que la campagne électorale tend à se pimenter avec le retour des vacances. Mais surtout, c'est parce que le thème de l'éthique y occupe une place de choix.
De toute évidence, l'ex-directeur de l'Unité anticollusion, le candidat de la Coalition avenir Québec Jacques Duchesneau, n'est pas seul à avoir sursauté lorsque Jean Charest s'est attribué une généreuse note en matière de lutte à la corruption. «8 sur 10... Ça se peut-tu?» Colère-t-il au bout du fil. «Je me cacherais à sa place!»
Mais Marc Bellemare va plus loin en se disant persuadé que Jean Charest «cache quelque chose». «S'il n'a pas mis en place [avant deux ans] la commission sur la corruption [la commission Charbonneau], c'est qu'il cache quelque chose depuis deux ans», soupçonne-t-il.
«En politique, le doute est pire que la réalité», évoque Me Bellemare.
Il accuse aussi le chef libéral de se comporter de façon «méprisante» en convoquant les québécois aux urnes avant la reprise, plus tard en septembre, de la Commission.
De vieilles rancunes
Marc Bellemare n'a jamais pardonné à Jean Charest son refus de mettre en place les réformes des tribunaux administratifs et du régime d'indemnisation sans égard à la responsabilité - le no fault -, des réformes chères à l'avocat qui a fait le saut en politique en grande partie pour elles.
C'est pour cette raison qu'il a remis sa démission en avril 2004.
Depuis ce temps, Me Bellemare s'est dressé à plusieurs reprises sur le chemin de M. Charest.
C'est à la suite des allégations qu'il a lancées que le premier ministre s'est vu contraint d'instaurer la Commission Bastarache sur le processus de nomination des juges. Marc Bellemare alléguait avoir subi des «pressions colossales» de la part du premier ministre pour qu'il nomme un juge plutôt qu'un autre.
Sondage
La Commission n'a pas reconnu ces pressions, mais a conclu que le processus pouvait être perméable aux influences partisanes. Bellemare est spécialisé dans la défense des victimes d'accidents devant la Commission de la santé et de la sécurité au travail et la Société de l'assurance automobile du Québec, entre autres.
Aux citoyens de Sherbrooke, il souligne son «intérêt à défendre les citoyens ordinaires».
Selon un sondage Segma-La Tribune-NRJ-Rouge FM publié vendredi, Jean Charest accuse un important retard dans les intentions de vote devant son adversaire péquiste Serge Cardin.
Après répartition des indécis, le premier récolterait 31 % des voix contre 46 % pour son adversaire (la marge d'erreur est de 4,4 % dans 95 % des cas)