Le siège social de ce réseau universitaire - qui comprend 10 établissements, dont l'Université du Québec à Montréal (UQAM), l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) et l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) - compte 120 employés. Situé près du jardin Saint-Roch, rue du Parvis, ce siège social est dans la mire de la CAQ, qui veut y mettre la clé sous la porte afin d'économiser 10 millions $, peut-on lire dans la plateforme électorale du parti dévoilée dimanche.
La mesure n'est toutefois pas nouvelle. Annoncée au printemps 2011, elle avait suscité une levée de boucliers, des recteurs d'universités en région y étant farouchement opposés.
Mais la CAQ persiste et signe. «Ça fait partie de notre plan de rationalisation. L'Université du Québec doit montrer l'exemple», affirme M. Deltell, qui croit que les universités en région gagneraient à être «plus autonomes».
Le candidat de la Coalition avenir Québec affirme que les sommes dégagées permettraient de «mettre l'argent là où sont les besoins» et d'embaucher davantage de professeurs dans les universités. Il ne nie pas que cette décision entraînerait des pertes d'emplois au centre-ville de Québec si un gouvernement caquiste était élu le 4 septembre. «Ça fait partie de l'effort qui est demandé à tous», dit-il.
Mais l'abolition du siège social ne se ferait pas «du jour au lendemain», précise-t-il, évoquant plutôt un scénario sur cinq ans : «D'ici là, plusieurs personnes auront pris leur retraite.»
Quartier dynamique
Gérard Deltell ne croit pas que cette fermeture aurait un impact significatif sur la vitalité du quartier Saint-Roch. L'arrivée du siège social de l'Université du Québec au centre-ville, au tournant des années 2000, avait grandement contribué à la revitalisation du secteur.
«Ç'a été une amorce, mais maintenant, il n'y a pas que ça au centre-ville. Il y a beaucoup d'entreprises privées, notamment dans le secteur des nouvelles technologies, qui rendent le quartier très dynamique. Oui, ça va amener un réaménagement, mais ça ne signera pas l'arrêt de mort du quartier Saint-Roch.»
«Extrêmement simpliste»
Le réseau de l'Université du Québec a été créé en 1968 pour faciliter l'accès aux études universitaires et contribuer au développement des régions, peut-on lire dans son site Internet. Le siège social donne un coup de pouce aux universités dans leurs activités d'enseignement et de recherche, tout en leur offrant un appui en matière d'investissement, de services administratifs et de gestion des ressources humaines, explique sa porte-parole, Valérie Reuillard.
Le réseau permet notamment aux plus petites universités du réseau d'avoir accès à des services qu'elles n'auraient pas les moyens de se payer autrement, souligne Michel Ringuet, recteur de l'Université du Québec à Rimouski.
«En mettant nos ressources en commun, on peut en faire beaucoup plus. Je trouve ça extrêmement simpliste de la part d'un parti comme celui-là de penser qu'il n'y a personne qui travaille au siège social», lance-t-il.
Pour ce recteur, l'abolition du siège social de l'Université du Québec signifierait l'arrêt de mort du réseau universitaire. «C'est comme si on éliminait le siège social de Desjardins pour que chacune des caisses populaires vole de ses propres ailes», illustre-t-il, tout en admettant qu'il y a «peut-être encore des économies à faire au siège social comme il y en a partout à faire».
Le siège social de l'Université du Québec a reçu cette année 12,7 millions $ provenant du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.