Le ministre des Finances de Jean Charest a été appelé, samedi, à commenter la manchette du Devoir. Le quotidien affirme que l'organisme fait l'objet d'une enquête.
La commission Charbonneau se pencherait sur un présumé système de pots-de-vin. Des intermédiaires auraient touché des sommes importantes de la part de promoteurs pour accélérer l'analyse de dossiers par le Fonds, voire contourner les critères d'admissibilité.
Présent à Victoriaville, à la réunion des jeunes libéraux, Jean Charest a répondu que la rumeur n'est jamais venue à ses oreilles. Le chef du Parti libéral du Québec a poursuivi que la commission Charbonneau a toute la latitude nécessaire pour faire la lumière sur l'affaire.
À ses côtés, Raymond Bachand s'est fait catégorique. «Jamais, je n'ai été témoin de ça. Jamais, je n'ai été au courant de ça. Jamais, on ne m'a parlé de quelque chose comme ça.»
«Rien n'est impossible»
Par contre, «dans la vie, rien n'est impossible», a-t-il prudemment laissé tomber lorsqu'il s'est fait demander s'il est certain que cela ne s'est jamais produit. Raymond Bachand n'a pas dit s'il effectuera des vérifications pour savoir si de tels agissements ont pu se produire lorsqu'il occupait le fauteuil de pdg du bras financier de la FTQ.
M. Bachand a signalé que le Fonds de solidarité imite les grandes banques avec une sorte de mur coupe-feu, des comités de crédit. Responsables des investissements, analystes, avocats en font partie de façon à «avoir une foule de personnes autour d'un dossier, pas juste une, pour justement se mettre à l'abri de tout potentiel de corruption».
De son côté, la chef du Parti québécois (PQ) a marché une nouvelle fois sur des oeufs lorsque questionnée sur les allégations touchant le Fonds de solidarité FTQ. «Je ne jugerai pas avant que la commission ait fait son travail. Si la commission venait à une telle conclusion, les gens seront sanctionnés en conséquence.» Elle a dit, en outre, n'avoir demandé «aucun appui à aucune organisation syndicale». «Et je n'en demande pas plus aujourd'hui», a-t-elle précisé.
Aux élections de 2008, la FTQ ne s'était pas rangée derrière le PQ dirigé par Pauline Marois comme il l'avait fait l'année précédente, lorsque André Boisclair en était le chef. Mme Marois s'est par ailleurs dite «intraitable» sur les questions d'intégrité. «Je peux vous dire que quand j'arrive au gouvernement, je n'ai plus d'amis», a-t-elle laissé tomber. Elle s'est dite prête à faire le ménage où cela s'avérerait nécessaire.
Avec la collaboration d'Annie Mathieu