François Legault avait déjà laissé savoir par le passé son opposition à l'exploitation trop rapide des gaz de schiste, se disant inquiet pour la nappe phréatique. Dans un gouvernement de la CAQ, les forages exploratoires seraient donc permis en petit nombre et encadrés étroitement.
Cette prise de position est en contradiction avec celle soutenue à de nombreuses reprises par le député caquiste et ancien chef de l'Action démocratique du Québec, Gérard Deltell. «Il y a des gens qui s'objectent et c'est très respectable, mais il ne faut pas qu'un lobby freine l'élan qui doit être fait», a soutenu il y a deux ans le chef parlementaire sortant de la Coalition. «Le développement peut et doit se faire», avait-il ajouté à propos du gaz de schiste.
Le chef recule
Par ailleurs, le chef caquiste François Legault a stipulé samedi à Terrebonne qu'il chercherait à rapatrier l'ensemble des pouvoirs fédéraux en matière d'environnement.
L'entourage du chef est toutefois revenu sur cette déclaration quelques minutes plus tard, soulignant qu'il s'agissait là d'un idéal à atteindre. La CAQ ne tentera pas de rapatrier les pouvoirs environnementaux dans un premier mandat. Le troisième parti à l'Assemblée nationale promet cependant de créer une agence d'évaluation environnementale unique. À l'heure actuelle, le processus d'évaluation incombe à l'Agence canadienne d'évaluation environnementale (fédéral) et au Bureau des audiences publiques sur l'environnement (provincial).
François Legault souhaite ainsi instaurer une agence unique et demander en contrepartie une compensation d'Ottawa, arguant que le gouvernement conservateur de Stephen Harper «ne démontre pas un grand enthousiasme pour l'environnement».
Ce printemps, le fédéral a restreint les pouvoirs de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale afin d'accélérer l'approbation des grands projets énergétiques. Tous les partis d'opposition et les groupes environnementaux avaient alors décrié un affaiblissement de plusieurs lois environnementales.
Avec La Presse Canadienne