La chef péquiste trouvera bien des satisfactions ce matin en prenant connaissance de cette enquête d'opinion. Le sondage mené de samedi à mercredi auprès de plus de 1000 citoyens accorde 32 % des intentions de vote à son parti.
C'est plus que le Parti libéral du Québec (PLQ), qui recueille 29 % d'appuis, et plus encore que la Coalition avenir Québec (CAQ), qui clôt la marche des trois grands avec 21 % de soutien.
Québec solidaire suit avec 8 % des intentions de suffrage. Le Parti vert en décroche 3 % et Option nationale, 2 %.
L'effet provoqué par l'arrivée de l'ex-patron de l'Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, au sein de la CAQ semble donc avoir été relatif jusqu'ici - du moins en ce qui a trait aux intentions de vote.
Si l'écart entre le PQ et le PLQ ne paraît pas si grand dans le résultat global, il le devient lorsqu'on analyse les intentions de vote chez les francophones. L'appui au parti de Mme Marois grimpe alors à 38 %, alors que les caquistes et les libéraux doivent se contenter de 25 % et de 22 %.
C'est ce portrait concernant les francophones qui permet au vice-président de CROP, Youri Rivest, d'estimer que le PQ aurait été «aux portes d'un gouvernement majoritaire» si le scrutin s'était déroulé cette semaine.
Campagne déterminante
Si l'on peut tout de même dire que les jeux ne sont pas faits, c'est que le choix ne paraît «ferme» que pour 55 % des personnes interrogées. La CAQ paraît plus vulnérable que ses deux principaux adversaires à cet égard.
Plus de 60 % des gens déclarant vouloir voter pour le PQ et le PLQ se disent décidés. Seulement 38 % des sympathisants caquistes affirment la même chose. Les caquistes «mous» se répartiraient entre le PQ et le PLQ. La CAQ, elle, représente la position de repli des électeurs péquistes et libéraux moins déterminés.
Bien des électeurs demeurent «disponibles», remarque Youri Rivest. D'autant qu'une majorité d'entre eux se déclarent intéressés par la campagne en cours. Elle sera déterminante. Les partis le savent.
Dans cette enquête, aucun «meilleur premier ministre» ne se détache. Vingt-six pour cent des sondés choisissent Jean Charest, 25 %, Pauline Marois et 22 %, François Legault...
La chef péquiste demeure moins populaire que son parti, qui a recueilli 28 % des intentions de vote avant la répartition des indécis opérée par CROP. François Legault, lui, l'est plus que le sien, lequel a obtenu 19 % d'appuis «avant répartition».
Ce qui encouragera le chef caquiste, et pourrait décourager Jean Charest, figure dans un tableau inédit de CROP, mesurant l'évolution du degré de confiance envers les chefs.
L'opinion de la population à l'égard de Jean Charest s'est considérablement détériorée depuis le début de l'année. Celle qu'elle a de François Legault s'est améliorée.
CROP pense que des indices comme ceux-là peuvent permettre au chef de la CAQ d'aller chercher d'autres points d'ici le 4 septembre. En fait, François Legault reste l'énigme de cette campagne.
«Marché du changement»
Bien des éléments jouent contre les libéraux de Jean Charest. Plus d'un Québécois sur deux croit que le Québec file dans une mauvaise direction. Et ils sont 68 % à se dire insatisfaits du gouvernement en place. «Il y a un marché du changement», résume Youri Rivest.
Pour l'heure, comme ces dernières semaines, c'est le PQ qui en bénéficie. Pauline Marois fera désormais campagne pour maintenir et creuser son avance.
Le PLQ devant la CAQ dans la région de Québec
Le chef libéral Jean Charest ne cesse de répéter qu'il aime la capitale et que son gouvernement l'a démontré. Les électeurs de Québec le lui rendent bien, puisque 33 % d'entre eux auraient voté pour son parti si le scrutin s'était tenu cette semaine.
La Coalition avenir Québec, qui y a dominé pendant des mois dans les intentions de vote, se classe au deuxième rang, avec 28 % d'appuis. La lutte s'y fait à deux.
La chef péquiste, Pauline Marois, a beau faire la cour à Québec, rappeler les réalisations de son parti, rien n'y fait. Le Parti québécois recueille 23 %. Très loin de ce qu'il souhaite.
Dans ce sondage, les péquistes remarqueront les 7 % d'appuis décrochés par Québec solidaire en se disant qu'ils auraient bien besoin de ses voix.
Méthodologie du sondage
La collecte téléphonique des données s'est déroulée du 4 au 8 août 2012. Un total de 1061 entrevues ont été réalisées. Les résultats ont été pondérés afin de refléter la distribution de la population adulte du Québec selon le sexe, l'âge, la région de résidence ainsi que langue maternelle. La marge d'erreur maximale de ce sondage est de trois points, et ce, 19 fois sur 20. Les résultats mis en exergue sont ceux «après répartition des indécis».