«Je crois que l'on pourra fermer cette plaie qui est toujours un peu ouverte à Chandler», a affirmé hier matin, à Percé, la leader souverainiste.
Le gouvernement du Parti québécois avait investi massivement dans les années 1990 pour que les travailleurs de la région puissent conserver leur emploi dans l'usine de la Gaspésia. L'initiative s'était toutefois soldée par un échec et le gouvernement de Benard Landry avait été blâmé en commission d'enquête pour ce gouffre financier.
Mais Mme Marois assure qu'il ne s'agit pas d'un regret pour sa formation politique, ajoutant du même souffle qu'elle tenait également les libéraux responsables du fiasco. Ainsi, il est impératif, dit-elle, de donner un nouvel élan à la région, qui ne s'est toujours pas remise de cet épisode douloureux.
Relancer la région
Et pour ce faire, Pauline Marois a répété devant les militants gaspésiens, d'abord lundi soir à Chandler dans la circonscription de Bonaventure, puis à Percé (Gaspé), et ensuite à des dirigeants locaux de Sainte-Anne-des-Monts (Gaspé), qu'elle s'attellerait à cette tâche si son parti était porté au pouvoir.
Mme Marois deviendrait la présidente d'un groupe d'action gouvernemental pour relancer la région, une proposition qu'elle met de l'avant depuis 2008. Elle n'a cependant pas précisé quels seraient les projets qui pourraient être traités en priorité et les sommes qui seraient investies.
«Il se remplira avec tous les projets que nous avons en tête pour la Gaspésie», a-t-elle vaguement expliqué, citant en exemple la mise sur pied d'une usine de granules dans le secteur.
Mme Marois n'a pas non plus voulu avancer de montants d'argent qui seraient mis sur la table pour donner un coup de pouce à la Gaspésie. «On va faire le tour de la maison avec les intervenants, les décideurs locaux», a-t-elle fait valoir, promettant néanmoins de dégager de nouvelles sommes.
Pauline Marois s'est également engagée, au terme d'un premier mandat, à donner accès à Internet haute vitesse à toutes les régions du Québec. Elle a notamment cité en exemple la Gaspésie où 2 % de la population, soit environ 2000 résidants, ne sont toujours pas branchés.
Le pétrole, oui, mais...
Et en réponse à une question d'une journaliste locale, le chef du PQ a expliqué que le Québec ne pouvait pas se priver de l'exploitation du pétrole en Gaspésie. «Je crois cependant qu'il doit y avoir des débats par le BAPE [Bureau d'audience publique sur l'environnement]», a-t-elle précisé, se disant néanmoins contre la fracturation de l'or noir.
Par ailleurs, la chef du PQ a admis que sa formation politique avait une «côte raide» à remonter aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie. Aux Îles et à Percé, le parti a perdu les sièges qu'il détenait depuis 1998 et 1994.
En matinée hier, Mme Marois s'est défendue de ne rien annoncer de neuf depuis le début de la campagne électorale, affirmant que le plus important était d'être à l'écoute des Québécois. «On le fait en présentant des projets concrets qui peuvent se réaliser», a-t-elle soutenu.
Elle n'a pas voulu se prononcer sur la possibilité d'un gouvernement minoritaire, affirmant que la question était complètement hypothétique. Et puis, pressée par les journalistes sur la question identitaire, un de ses thèmes de campagne, la chef péquiste a soutenu que la réélection d'un gouvernement libéral menaçait l'identité québécoise. Elle a notamment souligné le recul important du français, particulièrement à Montréal.
Marois tire à boulets rouges sur Legault
Devant des militants du Bas-Saint-Laurent réunis hier soir à Rivière-du-Loup, la chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, a tiré à boulets rouges sur son rival de la Coalition avenir Québec (CAQ), changeant ainsi de cible pour la première fois depuis le début de la campagne électorale. En plus de critiquer la sortie de François Legault contre le procureur de la commission Charbonneau, Mme Marois a dit ne plus reconnaître l'homme qu'elle a côtoyé du temps qu'il était au Parti québécois.
La chef péquiste a entamé sa charge en expliquant qu'elle commençait à penser que M. Legault avait peur des régions puisqu'elle affirme ne pas l'avoir vu sortir des grands centres depuis le début de la campagne électorale. Puis, elle a enchaîné en soutenant que le chef de la CAQ craignait aussi peut être la commission Charbonneau puisqu'il s'est attaqué à cette dernière. «En agissant ainsi, François Legault tente de discréditer le principal instrument de lutte contre la corruption libérale. En voulant discréditer la commission, François Legault est en train de faire lui-même la démonstration qu'il n'a pas le jugement pour occuper les fonctions de premier ministre du Québec», a-t-elle lancé.
Plus tard dans son discours, elle s'est attardée aux promesses «recyclées» du chef caquiste de réduire les impôts de la classe moyenne avant de s'en prendre directement à lui comme ancien collègue de la formation péquiste. «Le François Legault, ancien, celui du Parti québécois, a disparu, il a tout renié. Le François Legault nouveau ressemble comme deux gouttes d'eau au Jean Charest qui nous fait des promesses bidons, élection après élection. Pour le changement, on repassera», a-t-elle conclu.