Charest et Marois se moquent des prétentions de Duchesneau

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

Jean Charest et son épouse Michèle Dionne étaient... (La Presse Canadienne)

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Jean Charest et son épouse Michèle Dionne étaient à Saint-Marie-de-Beauce lundi matin.

La Presse Canadienne

Michel Corbeil
Le Soleil

(Sainte-Marie-de-Beauce) Le libéral Jean Charest n'ouvrira pas les livres de son parti à des enquêteurs indépendants. Et il est totalement fermé à l'idée d'accorder à quiconque, autre que le chef du gouvernement, la responsabilité de former un conseil des ministres.

Lors du passage de sa caravane électorale, en Beauce, lundi matin, M. Charest s'est beaucoup amusé des déclarations du chef caquiste François Legault et de son candidat vedette Jacques Duchesneau.

Le libéral s'est moqué des prétentions de M. Duchesneau à se voir confier dans un gouvernement Legault la responsabilité de nommer les ministres des Transports, de la Sécurité publique, des Ressources naturelles et des Affaires municipales. Désormais, a martelé à plusieurs reprises M. Charest, «François Legault s'occupera du compte Twitter et des cocktails de financement et Jacques Duchesneau s'occupera du reste.»

De passage à Victoriaville en après-midi, M. Legault a rétorqué du tac au tac. «J'aime mieux consulter M. Duchesneau plutôt que de consulter Franco Fava comme l'a fait M. Charest», a-t-il dit en référence à l'entrepreneur en construction et ancien grand argentier du Parti libéral, que M. Charest dit avoir croisé quelques fois par année dans le cadre d'événements politiques.

Au point de presse, le dirigeant du Parti libéral du Québec (PLQ) a été on ne peut plus clair: «non, jamais», il n'a laissé un des piliers de son cabinet exercer un droit de regard sur la nomination des détenteurs de portefeuille ministériel.

«C'est une prérogative qui revient au premier ministre dans notre système politique. Je n'ai jamais vu, ni au Canada, ni ailleurs dans le monde, certainement pas dans l'histoire du Québec, une situation comme celle-là.»

Improvisation

Jacques Duchesneau, l'ex-policier qui tire son prestige de mandats pour combattre la corruption dans la construction et le financement politique, dit avoir accepté de se joindre à la Coalition avenir Québec (CAQ) après que deux avocats aient vérifié les finances de la CAQ. Il est hors de question que le PLQ se prête au même exercice.

«Nos livres sont déjà pas mal ouverts, a-t-il laissé tomber. Nous n'avons pas de raison de remettre en question nos façons de faire.» Selon lui, rien ne plaide en faveur d'une plus grande transparence, pas même le fait qu'il a mis dix ans avant de révéler aux Québécois qu'il empochait une prime de 75 000 $, de la part du PLQ, s'ajoutant à son salaire de premier ministre.

Jean Charest nie que l'entrée en scène du candidat vedette caquiste change l'allure de la campagne. Et il ne croit tout simplement pas l'enquête d'opinion, réalisée pour le Journal de Québec, indiquant que 70 % des Québécois jugent corrompu le gouvernement qu'il dirige.

«Je suis très méfiant des sondages», a-t-il répété.

Attaques contre le PQ

Jean Charest a terminé sa journée de campagne à Lac-Mégantic. Devant une soixantaine de partisans, il a continué d'attaquer le PQ et sa chef Pauline Marois. Il n'a réservé qu'une pique à ses adversaires caquistes. Une caricature d'une Coalition nageant en pleine improvisation, imaginant M. Duchesneau «nommer les ministres dans un futur gouvernement Legault.

«Tenons-nous bien, on innove à la CAQ», a-t-il dit avant de reprendre, sans le savoir ou le vouloir, la critique de Mme Marois qui juge M. Legault «bien mal préparée» pour le pouvoir. «Quand on voit un tel niveau d'improvisation, a laissé tomber M. Charest, on se dit, de toute évidence, ils ne sont pas prêts...»

«Amateurisme» de la CAQ

La chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, a qualifié «d'amateurisme» les propos tenus, lors de l'entrevue radiophonique accordée par M. Duchesneau, sur les ondes du 98,5.

«C'est une méconnaissance [...] des règles de fonctionnement d'un gouvernement, a fait valoir Mme Marois. Ça m'étonne beaucoup de la part de M. Legault.»

Pourtant, a-t-elle soutenu lundi midi alors qu'elle se trouvait aux Îles-de-la-Madeleine, «il sait quand même comment ça se passe. Je crois qu'il est très mal préparé à gouverner», a ajouté la leader souverainiste au sujet de François Legault.

Mme Marois s'est également dite étonnée d'entendre ce dernier «nommer des candidatures et faire comme si ça allait être eux qui allaient être des ministres», une allusion au fait que son adversaire de la CAQ a promis le poste de vice-premier ministre à Jacques Duchesneau.

Selon elle, M. Legault vend la peau de l'ours avant de l'avoir tué. La chef souverainiste n'a donc pas voulu révéler qui elle nommerait dans son cabinet advenant que son parti soit porté au pouvoir.

«Je peux vous dire que moi, j'ai au moins quatre, cinq personnes qui pourraient être ministres des Finances, quatre, cinq personnes qui pourraient être ministre de la Culture. Regardez les curriculums, vous allez les trouver», a-t-elle laissé tomber.

Avec la collaboration d'Annie Mathieu et de La Presse Canadienne

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