Gisement Old Harry: il faut prendre le temps, dit Marois

Pauline Marois effectue une tournée de quelques jours... (La Presse Canadienne)

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Pauline Marois effectue une tournée de quelques jours dans l'est du Québec. Aux Iles-de-la-Madeleine, la candidate du PQ, Jeannine Richard (à gauche), avait perdu en 2008 par 316 voix le siège de député contre le libéral Germain Chavarie.

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Annie Mathieu est journaliste surnuméraire au Soleil.
Annie Mathieu
Le Soleil

(Îles-de-la-Madeleine) Avant d'exploiter le gisement pétrolier Old Harry, Pauline Marois croit qu'il faut d'abord débattre de la question avec les populations concernées.

Alors qu'elle se trouvait aux Îles de la Madeleine lundi en matinée, la chef du Parti québécois (PQ) a refusé de s'engager clairement sur cet enjeu qui touche les régions bordant le fleuve Saint-Laurent.

Old Harry est situé à environ 80 kilomètres de l'archipel. Un peu moins du tiers de ce gisement pétrolier appartient à Terre-Neuve, alors que le reste est en territoire québécois. Un moratoire empêche pour l'instant l'exploitation de ces ressources pétrolières dans la portion qui appartient au Québec.

Plus tôt dans la journée, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, avait dit qu'il fallait accélérer les études environnementales stratégiques (EES) sur Old Harry pour exploiter plus rapidement ces hydrocarbures afin d'en tirer le maximum de profits.

«Il est temps qu'on accélère tout en faisant les choses correctement, a-t-il affirmé. On ne peut pas se permettre le luxe, au Québec, de ne pas regarder l'exploitation pétrolière. C'est peut-être la chance ou jamais de rembourser la dette qu'on a.»

Mais Mme Marois n'est pas de cet avis. «Je crois qu'il faut prendre le temps de bien faire ces études-là», a-t-elle soutenu.

«On sent beaucoup d'inquiétude pour ceux qui pêchent le homard et le crabe parce que c'est très près des réserves, a-t-elle fait valoir à la sortie d'une rencontre avec des pêcheurs et des représentants de l'industrie touristique. Avant que l'on procède à de l'exploration, il devrait y avoir un débat avec les populations concernées», a suggéré la chef péquiste.

Rencontrée lors d'un rassemblement militant dans le local de la candidate péquiste des Îles de la Madeleine, la représentante de la Coalition St-Laurent, Mélanie Gauthier, juge cependant que cela n'est pas assez puisque Mme Marois a déjà affirmé que la province devrait suivre l'exemple de la Norvège, où le forage d'hydrocarbures et la pêche cohabitent.

Le groupe milite pour l'adoption d'un moratoire permanent sur le forage des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent. «Ce qu'on demande à Mme Marois, c'est que si le Parti québécois prend le pouvoir, qu'il s'assure de nous donner une vraie consultation avec le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement», a-t-elle fait valoir.

Assurance emploi

Par ailleurs, Mme Marois promet de contester les changements apportés au régime d'assurance emploi par le gouvernement fédéral et qui touchent notamment les régions vivant du tourisme et de la pêche.

«Il pourrait y avoir des amendements et des projets spéciaux», a-t-elle soutenu, ajoutant qu'ultimement, la solution de son parti est de se retirer du régime fédéral pour en créer un de toutes pièces pour le Québec. En vertu des modifications apportées par le gouvernement de Stephen Harper, des chômeurs devront accepter tout emploi situé à moins d'une heure de route de chez eux s'ils veulent demeurer admissibles aux prestations.

«À une heure d'ici, c'est l'eau!», s'est exclamée Raymonde Leblanc, selon qui ce dossier préoccupe une grande partie des habitants des Îles. «Nous autres, on a une job que deux mois par année. On n'a pas le choix d'être sur le chômage», a expliqué René Poirier, alors qu'il triait des maquereaux dans son bateau. Selon ces deux Madelinots, les candidats aux élections provinciales doivent profiter de l'occasion pour s'engager à faire des représentations auprès d'Ottawa pour tenter de renverser la décision du gouvernement fédéral.

Pauline Marois effectue une tournée de quelques jours dans l'est du Québec. En soirée, elle se trouvait à Chandler, dans la circonscription de Bonaventure, où elle a réitéré la promesse de son parti de créer un comité pour la relance de la Gaspésie. Elle détaillera cette dernière aujourd'hui. Avec La Presse Canadienne

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