Financement de la CAQ: Duchesneau exempté de collecte de fonds

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

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La candidature d'Alain-Michel Ayache, dans Bourassa-Sauvé, a été rejetée par la CAQ, faute d'atteindre les objectifs de financement.

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Samuel Auger

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Le Soleil

(Québec) Contrairement aux 124 autres candidats de la Coalition avenir Québec (CAQ), Jacques Duchesneau n'aura pas à récolter un seul sou pour garnir le trésor de guerre de sa formation politique. «Je me sentais incapable d'aller collecter cinq cennes», a déclaré l'ancien chef de police de Montréal et candidat dans Saint-Jérôme, dimanche.

Jacques Duchesneau se présentera dans une circonscription où François Legault exige normalement une récolte de fonds minimale de 25 000 $. «De façon exceptionnelle, j'ai demandé à M. Duchesneau, à cause du rôle qu'il va jouer, pour éviter tout problème éventuel, toute apparence de problème, de ne pas être parmi ceux qui vont collecter de l'argent», a expliqué le chef François Legault.

Aucun autre de ses candidats n'a eu le droit à cette exemption. Tous les candidats de la Coalition avenir Québec sont obligés de récolter 25 000 $, 15 000 $ ou 10 000 $, selon les circonscriptions. Des candidatures ont même été rejetées lorsque les prétendants n'atteignaient pas ces standards. «À moins de dire, on accepte de perdre l'élection, il faut être capable d'avoir les moyens de faire connaître nos idées. Et on respecte la loi», a justifié à ce propos le chef de la CAQ hier.

Jacques Duchesneau a préféré quant à lui attaquer les libéraux sur la question du financement des partis. «Je trouve anormal que les ministres du Parti libéral soient obligés de ramasser 100 000 $ par année. On les place dans une mauvaise situation. Il faut revoir complètement», a-t-il soutenu.

Objectifs des autres partis

Interrogé sur les déclarations de la vedette caquiste, le chef libéral Jean Charest a laissé entendre que sa formation a abandonné le fait d'exiger de ses ministres cette récolte de 100 000 $, en contributions électorales. «Nous n'avons pas d'objectifs. Nous laissons aux gens, maintenant, la flexibilité.»

Mais il s'est défendu avec vigueur contre l'insinuation voulant que la sollicitation effectuée par ses élus les place dans une position éthiquement indéfendable. «Non! Jamais, jamais, jamais, aucun de mes députés et ministres, sur des questions de financement des partis politiques, ne se met dans une situation où il se trouve en conflit.»

Le meneur au Parti libéral du Québec a retourné la balle dans le camp de ses adversaires. Selon lui, M. Duchesneau devrait adresser à son propre chef, François Legault, les interrogations sur la cueillette de fonds partisans. «Du temps où M. Legault était au Parti québécois [PQ], il avait, lui, un objectif de 80 000 $.»

M. Charest a voulu faire d'une pierre deux coups. «M. Legault a dit ça, en passant, après que Mme [Pauline] Marois [chef du PQ] ait nié que ce soit le cas.»

Au PQ, le directeur de la campagne de financement pour l'année 2012, Étienne-Alexis Boucher, explique que chacune des circonscriptions a des objectifs de financement variables en fonction de leur historique. «Un comté qui a un bon historique, ça peut aller entre 25 000 $ et 32 000 $», illustre-t-il. «Mais par exemple, une circonscription dans l'ouest de Montréal, on peut avoir un objectif de 2000 $ à 4000 $.

«Nous, au Parti québécois, les candidats ne doivent pas ramasser 25 000 $ par mois, mais plutôt 25 signatures», lance-t-il en faisant référence aux politiques de la CAQ. «Les objectifs de financement ne sont pas supportés par les candidats, mais par l'organisation du Parti québécois dans les 125 circonscriptions».

Questionné alors qu'il participait à un rassemblement dans la circonscription de Gouin, le député sortant, Maka Kotto, explique que les militants s'occupent de ramasser l'argent nécessaire. «On est un parti de conviction, pas d'intérêts. [...] On n'a pas d'objectif, pas moi dans tous les cas. On n'est pas dans cette logique au Parti québécois.»

Avec Michel Corbeil et Annie Mathieu

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