Le «citoyen ordinaire indigné» Duchesneau fait le saut pour la CAQ

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

Rayonnant, le chef de la Coalition avenir Québec... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Rayonnant, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a lancé que M. Duchesneau était l'«Eliot Ness québécois», en référence à l'agent du Trésor américain qui a pourchassé le parrain de la mafia de Chicago, Al Capone, de 1925 à 1932.

Photo: Robert Skinner, La Presse

Samuel Auger

Samuel Auger
Le Soleil

(Québec) La Coalition avenir Québec (CAQ) a présenté en grandes pompes dimanche son candidat vedette «incorruptible», l'ancien chef de police de la Ville de Montréal, Jacques Duchesneau. Le chef de la CAQ, François Legault, a déjà promis le poste éventuel de vice-premier ministre à ce néophyte de la politique briguant les suffrages dans Saint-Jérôme.

«Son expertise en matière d'enquête criminelle, de lutte au crime organisé, va permettre d'identifier plus rapidement les failles du système et d'identifier des solutions durables pour qu'on se débarrasse enfin du cancer de la corruption au Québec», a lancé François Legault dimanche matin à Saint-Jérôme en présentant l'ancien chef de l'Unité anticollusion.

Le principal intéressé dit s'être lancé dans l'arène politique pour «s'assurer que ce qui a déjà été commencé sera achevé» et barrer la route aux criminels. «La corruption, les intouchables, les silences des magouilleurs et des corrupteurs, c'est assez, a déclaré Jacques Duchesneau. Les gens qui s'attendent à un retour d'ascenseur: regardez-moi... Ils vont prendre l'escalier!» a-t-il ajouté.

Ironiquement, c'est le chef libéral Jean Charest qui aurait poussé Jacques Duchesneau à faire le saut en politique. Jeudi, le premier ministre sortant s'était donné 8 sur 10 pour sa performance en matière de lutte contre la corruption dans l'industrie de la construction. «C'est l'élément final qui a fait que jeudi dernier, j'ai rappelé M. Legault pour dire : "Assez, c'est assez! "», a confié le candidat hier.

L'ancien enquêteur en chef de l'Unité anticollusion a d'ailleurs dévoilé son bulletin revu et corrigé pour Jean Charest. Jacques Duchesneau lui donne un point pour avoir créé l'unité anticollusion, un point pour avoir suivi les recommandations de son rapport et un autre point pour avoir mis sur pied la commission d'enquête Charbonneau sur l'industrie de la construction.

Il lui soustraie toutefois un point pour avoir «tirer de l'oreille» pendant des mois avant de déclencher une commission d'enquête et pour avoir omis de fournir les moyens nécessaires à son unité d'enquête. Son bilan? Un score médiocre de 2 sur 10, résume celui qui dit avoir été choqué par l'auto-évaluation de Jean Charest. «Il s'est donné des points pour des choses qu'il a faites pas correctes.»

Non au PQ

Jacques Duchesneau a admis par ailleurs avoir été courtisé par le Parti québécois de Pauline Marois, peu avant sa comparution devant la commission Charbonneau. «J'ai dit non : je ne voulais pas faire de politique.»

Il s'est même exilé loin de l'actualité, et prévoyait un retour chez lui le 3 septembre, la veille du vote. «En prenant le traversier qui me sortait de mon endroit désert, j'ai malheureusement pris un appel. Et là, tout s'est enclenché.»

Jacques Duchesneau n'a pas connu un baptême de feu sans reproches hier. Il a notamment admis que la loi spéciale 78 appuyée par la CAQ et restreignant le droit de manifester au Québec n'était pas nécessaire. «Comme ancien chef de police, je peux vous dire qu'on n'aurait pas eu besoin de la loi 78», a-t-il dit.

Il a aussi dû revenir sur ses déclarations récentes comme quoi les partis politiques provinciaux reçoivent 70 % de leurs fonds sous forme «d'argent sale». «Tous les politiciens et toutes les politiciennes ne sont pas des bandits. J'ai l'avantage d'être avec un chef qui est intègre. C'est pour cette raison que je me suis associé à la CAQ», a-t-il justifié.

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