Charest galvanise ses troupes à Québec

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

Jean Charest a soulevé l'enthousiasme de plus de... (Le Soleil, Andréanne Lemire)

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Jean Charest a soulevé l'enthousiasme de plus de 400 militants à Québec, samedi.

Le Soleil, Andréanne Lemire

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Environ 400 partisans ont réservé un accueil bruyant à Jean Charest, samedi, en fin d'après-midi, à l'occasion d'un rassemblement du Parti libéral du Québec pour lancer la mobilisation électorale dans la grande région de Québec.

Les militants provenaient de 15 circonscriptions, depuis Beauce-Sud, dans la Chaudière-Appalaches, jusqu'à Portneuf et Charlevoix/Côte-de-Beaupré. Leur chef a livré sa meilleure allocution de la campagne qui vient, par contre, tout juste de s'amorcer.

La hantise de ses organisateurs - que des protestataires de ses politiques, surtout de sa décision d'augmenter les droits de scolarité pour accéder à l'université - ne s'est pas matérialisée. À peine une poignée de contestataires ont scandé des slogans hostiles, à la sortie du Patro Roc Amadour, où les membres du PLQ étaient invités.

À l'intérieur, dans la grande salle, micro à la main, sans cravate, M. Charest a arpenté la tribune en revenant sur ses thèmes favoris:

- la dénonciation de gestes allégués de «violence et d'intimidation» qu'il attribue à ceux qui ont notamment manifesté à coups de casseroles dans les rues de Montréal;

- l'accusation qu'il porte contre son adversaire péquiste Pauline Marois d'avoir, selon lui, cédé «à la rue» et de programmer en catimini un référendum sur la souveraineté;

- l'alternative qu'il dit offrir pour un développement économique pour garantir, d'après le politicien, les programmes sociaux et de santé.

Pendant son allocution, Jean Charest n'a fait aucune allusion à l'ex-dirigeant de l'Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, qui s'amène dans la campagne électorale sous les couleurs de la Coalition avenir Québec. Il s'est contenté de le critiquer mollement, plus tôt dans la journée.

Lisée varlopé

Le chef libéral s'est montré plus virulent et critique d'une vedette que le PQ vient de présenter dans Rosemont, à Montréal, l'ex-journaliste et intellectuel Jean-François Lisée.

Celui-ci a accordé une entrevue au Journal de Montréal où il a invité la population «à désobéir à Jean Charest», en continuant de manifester contre lui et le défaisant, le 4 septembre. Il a tenu à citer un ouvrage qu'a lancé M. Lisée, Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments.

Dans la journée, ses organisateurs ont distribué aux journalistes une série de citations où l'auteur soutient que, ces 10 dernières années, «le Québec brille c'est le cas de le dire, parmi les meilleurs, un ancien slogan de M. Charest. Lors d'une rencontre, en matinée, il s'est montré faussement étonné, faisant valoir que «c'est de notre gouvernement» dont parlerait l'ex-blogueur de L'Actualité.

«Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand quelqu'un devient candidat du Parti québécois, ça change», a-t-il ironisé pour le plus grand bonheur de la foule Jean Charest a fait valoir qu'il faut y voir une ligne de conduite émanant de la chef de Pauline Marois.

M. Charest s'est montré plus incisif qu'à l'habitude envers l'autre leader de la formation pouvant aspirer à devenir premier ministre, François Legault, fondateur de la Coalition avenir Québec. Il l'a notamment pourfendu parce qu'il demande de modifier une loi que ses députés avaient pourtant appuyé, en mai, la loi 78, qui encadre la reprise des cours sur les campus touchés par la grève étudiante et qui balise sévèrement le droit de manifester.

Bon coup

Croisé avant que ne débute le discours, le militant Jacques Bellemare (Montmorency) a reconnu que M. Legault a fait un bon coup en recrutant Jacques Duchesneau. Cela ne l'empêche pas de croire que Jean Charest formera le prochain gouvernement, peut-être même majoritaire.

Pourquoi? «Le monde est écoeuré de la grève étudiante. Le monde en a tellement parlé... Ça donne une bonne chance à Jean Charest» qui ne cesse de plaider que lui et son équipe se sont tenus «debout» face aux contestataires.

***

Duchesneau, arme de destruction... caquiste

Clément Gignac, candidat libéral dans Taschereau et ministre sortant des Ressources naturelles, prend un air amusé lorsqu'on lui demande quel impact dans la campagne provoquera Jacques Duchesneau, candidat vedette et surprise pour la Coalition avenir Québec (CAQ). Rencontré en après-midi hier, M. Gignac a signalé que la CAQ de François Legault «devra maintenant le [M. Duchesneau] gérer pendant 30 jours.» Sourire en coin, «des armes de destruction massive, des fois», dit-il en substance, ça t'explose au visage.

Charest inquiet des déclarations de Duceppe sur... Khadir

Le libéral Jean Charest affirme qu'il faut s'inquiéter de la virulente sortie du souverainiste Gilles Duceppe contre un autre souverainiste, Amir Khadir, le cochef de Québec solidaire. Il y a deux jours, l'ex-chef du Bloc québécois a lancé que le député sortant de Mercier ne mérite pas d'être respecté, pour cause de populisme et d'opportunisme. Il a aussi mis en doute la foi souverainiste de M. Khadir. Le chef du PLQ a pris soin de mentionner à son auditoire que Gilles Duceppe milite pour le Parti québécois de Pauline Marois. «M. Duceppe affirme, imaginez-vous, que M. Khadir a déjà appuyé des fédéralistes», le Nouveau parti démocratique, en 2011, a-t-il laissé tomber avec un air faussement étonné. «Pour les péquistes, le respect, c'est une affaire d'option, a déclaré M. Charest. Assez incroyable [...] Mme Marois n'a pas voulu condamner cette déclaration malheureuse», a-t-il prétendu.

Rosette Côté, adversaire péquiste de Sam Hamad

Le Parti québécois a confirmé samedi la candidature de Rosette Côté dans Louis-Hébert. La candidate a piloté de nombreux dossiers dans les secteurs de l'éducation, de la santé et de la fonction publique. Elle a notamment été à la tête de la Commission de l'équité salariale de 2002 à 2007. Rosette Côté affrontera entre autres le candidat libéral Sam Hamad, ministre sortant responsable de la Capitale-Nationale. La circonscription de Louis-Hébert regroupe des électeurs de Saint-Augustin-de-Desmaures et de Québec. Samuel Auger

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