Le chef libéral a laissé tomber l'affirmation, samedi matin, lors de son passage dans la circonscription de Crémazie, sur l'île de Montréal. Pour l'instant, les sondages semblent plutôt donner un avantage au Parti québécois de Pauline Marois et suggèrent que le prochain premier ministre sera minoritaire.
Le leader du Parti libéral du Québec a réagi à un journaliste qui lui a demandé quel impact sur la cote de crédit du Québec peut avoir le scrutin qu'il a fixé au 4 septembre. «C'est une question très hypothétique parce que nous sommes confiants de gagner l'élection, de former un gouvernement majoritaire.»
Devant un petit groupe de militants, réunis par cette superbe matinée d'été, Jean Charest a suggéré qu'il ne craint nullement que la venue de Jacques Duchesneau dans la campagne électorale, sous les couleurs de la Coalition avenir Québec, change quoi que ce soit.
Il a catégoriquement nié que la spectaculaire entrée en piste de l'ex-policier, auréolé du prestige rattaché au rapport qu'il a signé sur la collusion dans le secteur de la construction, ait ébranlé ses militants, sur le terrain. Se présentant comme démocrate dans l'âme, il a tenu à saluer le fait que Jacques Duchesneau plonge dans la mêlée.
Lors du point de presse, il a soulevé que M. Duchesneau, qui a dirigé l'Unité permanente anticorruption, «aura des difficultés» à reprocher au gouvernement libéral d'avoir mis en oeuvre les recommandations écrites de sa main lorsqu'il était à la tête de l'UPAC, l'Unité permanente anticollusion.
Modestes annonces
Un peu plus tôt, Jean Charest y est allé d'une troisième journée d'annonces économiques. Il a proposé, cette fois, de modestes engagements.
Réélu, son gouvernement ajoutera 23 millions$ en prestations aux jeunes assistés sociaux pour qu'ils tentent d'intégrer le monde du travail. Il bonifierait d'autant la prime d'appoint des travailleurs dont le salaire se situe à peine au-dessus du seuil de la pauvreté.
L'aide sociale accapare une part importante des dépenses de l'État. En avril, 473 236 personnes vivaient de ces prestations, une facture se chiffrant à coups de centaines de millions $.
Samedi, M. Charest a élargi un programme existant pour rejoindre 8000 assistés de plus, âgés de 18 à 21 ans. Un plan offre déjà un supplément de 120$ par mois aux 18-25 ans qui se portaient volontaires pour être dirigés dans un parcours vers un emploi.
À l'avenir, les 18 à 21 ans seraient d'office inscrits aux mesures d'aide. Leur prestation mensuelle de base passerait de 590$ à 710$, à moins qu'ils ne refusent de rencontrer un conseiller. Désormais, ce sont 16 000 jeunes de cette catégorie d'âge qui adhéreraient au plan. Pour ce groupe, le budget total serait de l'ordre de 23 millions$, dont 3 millions$ pour l'encadrement.
Jean Charest a aussi promis d'étendre à 30 000 personnes de plus, vivant seules, le programme de Prime au travail. En ce moment, il profite à 547 000 adhérents qui peuvent obtenir jusqu'à 200$ par année. Ce plan coûte 230 millions$. Son élargissement exigera de consacrer 20 millions$ supplémentaires.