Le PQ veut exiger de plus importantes redevances aux minières

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Soutenant que le Parti libéral vend les ressources naturelles à rabais, Pauline Marois a dit vouloir reléguer aux oubliettes le régime actuellement en place.

La Presse Canadienne

Annie Mathieu
Le Soleil

(Beloeil) Les compagnies minières qui exploitent les sols québécois devront verser davantage au gouvernement si celui-ci était dirigé par la formation de Pauline Marois.

La chef du Parti québécois (PQ) a dévoilé vendredi une partie du volet économique de son programme électoral, dont ce nouveau modèle de redevances minières qu'elle mettrait en place et qui permettrait «d'enrichir tous les Québécois».

Soutenant que le Parti libéral vend les ressources naturelles à rabais, Mme Marois a dit vouloir reléguer aux oubliettes le régime actuellement en place. Le sien ferait en sorte que toutes les minières paient un minimum pour le minerai extrait puisqu'à l'heure actuelle, il est impossible de savoir combien d'entre elles versent des redevances ni le montant de celles-ci.

Le PQ souhaite aussi mettre en place une taxation «au surprofit» de 30 % des compagnies minières. La formation politique considère le «surprofit» comme étant un bénéfice de 8 % de rendement sur le capital.

«Il s'agit d'une ressource naturelle qui est là dans nos sous-sols, qui nous appartient collectivement et il faut nous assurer [...] que la population concernée puisse recevoir une partie de ces profits», a soutenu Mme Marois, alors qu'elle se trouvait à La Prairie en compagnie de quelques candidats.

Le nouveau régime de redevances du PQ permettrait au gouvernement d'empocher davantage de revenus sur la durée de vie d'une mine - soit 60 %, selon une étude de SECOR citée par Pauline Marois - par rapport à celui du Parti libéral du Québec (PLQ).

La chef souverainiste a par ailleurs assuré que les minières continueront à faire des profits et que celles qui menacent de quitter ne s'adonnent qu'à du chantage.

Banque de développement économique du Québec

En matinée, Mme Marois a proposé la création de la «Banque de développement économique du Québec», qui, selon elle, faciliterait le démarrage d'entreprises en région.

En plus d'élargir le mandat d'Investissement Québec, la nouvelle banque rapatrierait tous les programmes et organismes fédéraux voués au développement économique en région. Pour ce faire, un gouvernement péquiste devra négocier avec Ottawa, notamment pour l'enveloppe de 400 millions $ dédiée à la province.

«Cela fera de la banque un véritable guichet unique pour les entrepreneurs régionaux», a expliqué Pauline Marois, alors qu'elle présentait sa candidate dans la circonscription de Richelieu, Élaine Zakaïb, qui est présidente et directrice générale des Fonds régionaux de solidarité FTQ depuis 2004.

La chef péquiste a répété à plusieurs reprises que son parti ne créerait pas de nouvelle structure, réduirait la bureaucratie et éviterait aux entrepreneurs d'aller cogner à plusieurs portes pour obtenir du financement. «On part de structures qui sont là et on leur donne de nouveaux mandats, de nouveaux moyens, et on intègre au contraire des institutions qui agissaient en silos, chacun de son côté», a-t-elle souligné.

Et selon la chef péquiste, l'institution serait plus agressive dans la prise de risques que la Banque de développement économique du Canada, qui joue un rôle similaire au niveau fédéral. Il fournirait notamment du capital de risque et «patient» ainsi que des prêts aux entreprises en démarrage

Duchesne avertit les libéraux

L'ex-journaliste de Radio-Canada et candidat du Parti québécois (PQ) dans Borduas, Pierre Duchesne, a servi une mise en garde bien sentie aux libéraux lors de son investiture vendredi soir à Beloeil, sur la Rive-Sud de Montréal. «La colère des Québécois ne se limite pas aux dimensions d'un petit carré rouge, elle est bien plus grande que ça, la colère des Québécois, faites attention», a-t-il lancé devant sa chef Pauline Marois, une dizaine de candidats de la région et quelques centaines de militants péquistes de la Montérégie gonflés à bloc. «Qui va recevoir les recommandations de la commission Charbonneau? J'espère que vous ne souhaitez pas que ce soit Jean Charest», a renchéri le candidat de 47 ans qui a dit vouloir mettre toute son intelligence au service des Québécois. M. Duschesne se présentait pour la première fois devant une assemblée partisane depuis qu'il a quitté son poste de journaliste parlementaire au mois de juin. Le chef du Bloc québécois Daniel Paillé se trouvait également dans la salle.

Pas de débat en anglais

Répondant à un journaliste anglophone lors d'un point de presse, Pauline Marois a décliné l'invitation de participer à un débat télévisé en anglais. «Je crois que je ne suis pas assez confortable en anglais, je vous dis exactement la vérité. Peut-être à long terme cela pourrait être possible», a-t-elle néanmoins précisé, ajoutant que cela n'avait aucun lien avec la réalité linguistique de la province. «Lorsque je travaille avec la communauté anglophone, nous avons de très bonnes relations», a-t-elle cependant assuré.

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