Charest veut inciter les travailleurs à retarder leur retraite

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

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Jean Charest a plaidé que l'enrichissement du Québec passe par un séjour plus long sur le marché du travail.

La Presse Canadienne

Michel Corbeil
Le Soleil

(Laval) Jean Charest vise à ce qu'au moins 100 000 personnes retardent le moment de leur retraite, mais sans les forcer à le faire.

Le chef libéral a dévoilé une série de mesures pour «inciter», a-t-il insisté, les «travailleurs expérimentés» à conserver leur poste. S'il est reporté au pouvoir, M. Charest entend réserver près de 550 millions $ à des avantages fiscaux consentis aussi bien aux individus qu'aux entreprises.

Ces dernières recevront de l'aide pour embaucher dans cette catégorie de la population. Cela ira d'une diminution de la taxe sur la masse salariale à des subventions directes à la rémunération. La somme de 426 millions $ se retrouve déjà dans le budget déposé par Raymond Bachand.

M. Charest a rappelé que son gouvernement a déjà voté un crédit d'impôt pour les gens qui décident de travailler après avoir fêté 65 ans. Il serait désormais admissible dès que les personnes auront 62 ans. «Cent mille personnes de plus pourront [théoriquement] en bénéficier», a-t-il insisté. Une facture de 120 millions $ pour l'État.

Le leader du Parti libéral du Québec (PLQ) a grimacé lorsqu'il s'est fait demander combien d'individus il veut contraindre à demeurer au travail. L'approche est de nature excessive.

Il s'est fait vague sur le nombre de Québécois dont il souhaite l'adhésion. Mais tout laisse croire que ce sera plus de 100 000 citoyens.

Explications nébuleuses

La veille, Jean Charest a dévoilé un plan économique ayant pour objectif, dans cinq ans, un taux de chômage de 6 % et la création de 250 000 emplois. Les prévisions de Mouvement Desjardins sont identiques pour le taux de sans-emploi, mais parlent d'à peine 135 000 nouveaux postes.

Les stratèges libéraux ont fourni des explications nébuleuses pour réconcilier les deux chiffres. L'hypothèse qui semble la plus sûre, c'est qu'une partie des 250 000 emplois reviendront à ceux qui repoussent leur retraite, d'une façon ou d'une autre.

«Il n'y a pas de confusion sur les chiffres», a tenu à mentionner le chef du PLQ. «Quand les économistes font leurs prévisions, ils le font à partir d'un certain nombre de prémisses. Et si vous changez les prémisses, ça change les projections.» Cette prémisse, ce sont les dispositions qu'il a mises sur la table.

Devant son petit auditoire de personnes âgées, dans un centre communautaire Laval-des-Rapides, le premier ministre sortant a plaidé que l'enrichissement du Québec passe par un séjour plus long sur le marché du travail.

Il a indiqué que l'âge moyen pour se retirer est de 60 ans au Québec, alors que les Ontariens partent vers 63 ans et que les Américains attendent deux années de plus.

Les citoyens vivent plus longtemps et en meilleure santé, et nous voulons qu'ils demeurent plus longtemps à l'ouvrage, a-t-dit en substance le politicien, en campagne électorale. «À nous de les aider.»

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