Le vote des 18-24 ans revu à la baisse

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Le but premier de cette recherche n'était pas de quantifier le vote des jeunes, mais bien de déterminer pourquoi certaines personnes vont voter et d'autres pas.

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Marie-Pier Duplessis
Le Soleil

(Québec) Une nouvelle étude plus précise que la précédente revoit à la baisse le taux de participation des 18-24 ans à l'élection générale de 2008.

Alors qu'on avait estimé à 41,2 % le taux de participation des jeunes au dernier scrutin provincial, le titulaire de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, François Gélineau, parle maintenant d'un taux de 36,15 %. «On ne parle plus de quatre jeunes sur dix, on parle d'à peine un peu plus d'un jeune sur trois», signale le professeur Gélineau.

C'est lui aussi qui avait dirigé la première étude faisant état du 41 %, ce qui, selon lui, était déjà préoccupant. Mais le but premier de cette recherche n'était pas de quantifier le vote des jeunes, mais bien de déterminer pourquoi certaines personnes vont voter et d'autres pas. «Il s'agissait d'un sondage d'opinion publique postélectoral qui se basait sur un échantillon d'environ 1000 répondants.»

La nouvelle étude, menée en collaboration avec le Directeur général des élections, repose plutôt sur un échantillon de plus de 250 000 électeurs québécois provenant de sept élections générales (de 1985 à 2008). L'échantillon moyen de 35 714 personnes aptes à voter apparaît donc nettement plus représentatif de la réalité.

Tendance lourde

François Gélineau conclut que les résultats de sa première étude sous-estimaient l'ampleur du problème. «C'est pire que ce que l'on pensait, indique-t-il, d'autant plus qu'il ne s'agit pas d'un phénomène entièrement isolé à 2008. C'est un phénomène qui suit une tendance lourde depuis la fin des années 80, à l'exception de 1994 et 1998.»

Le chercheur lavallois explique cette tendance par ce qu'il appelle le «remplacement générationnel». «À âge égal, les nouveaux électeurs votent moins que les électeurs de générations antérieures. La seule raison pour laquelle on maintient un taux de participation quand même assez élevé [environ 57 %], c'est que le noyau démographique est encore occupé par les baby-boomers, qui votent plus que les autres.»

Or, M. Gélineau ne comprend pas ce qui fait la différence. «On a encore assez de difficultés à s'expliquer pourquoi les jeunes générations votent moins que les précédentes. Pourtant, les jeunes ne sont pas nécessairement les électeurs les moins intéressés par la politique. Ce sont les personnes les plus âgées qui sont les plus cyniques», mentionne-t-il, se référant aux données de sa première étude.

Quoi qu'il en soit, le professeur de science politique ne donne pas cher de ceux qui croient que la mobilisation étudiante de ce printemps fasse exploser le taux de participation chez les jeunes. «Les jeunes de 18-24 représentent environ 10 % de l'électorat, mais de ce nombre, les étudiants ne forment qu'une faible portion. Alors, même si c'était vrai que les étudiants allaient se mobiliser davantage, ça n'aura pas l'impact magistral attendu.»

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