Charest exhorte les autres chefs à condamner tout débordement

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

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Le soir même du déclenchement du scrutin, mercredi, le leader du Parti libéral du Québec a été accueilli dans la circonscription de Taschereau (Québec) par un petit groupe d'opposants qui ont tapé sur des casseroles pendant de longues minutes.

La Presse Canadienne

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Au moment où les marches contre son gouvernement reprennent de plus belle à Montréal, Jean Charest met au défi les autres chefs de parti de condamner tout geste violent fait par des manifestants.

Le premier ministre sortant a profité de sa rencontre avec les médias, jeudi matin, pour lancer son appel. Au journaliste de TVA qui lui demandait un commentaire sur le fait que son bureau a été la cible des protestataires, il a rétorqué avoir vu également «une affaire qui m'a beaucoup dérangé».

«Un journaliste de chez vous, qui, pendant un reportage en direct, se faisait lancer des projectiles», a-t-il précisé. «C'est inquiétant. Franchement, il n'y a aucune raison de justifier, en 2012, que des gens font de tels gestes.

«Je les dénonce et j'invite les chefs des autres partis à faire de même. De dénoncer sans réserve et sans équivoque, les gestes posés, hier [mercredi], à l'endroit de représentants des médias» et les protestataires qui utilisent «violence et intimidation».

Le soir même du déclenchement du scrutin, mercredi, le leader du Parti libéral du Québec a été accueilli dans la circonscription de Taschereau (Québec) par un petit groupe d'opposants qui ont tapé sur des casseroles pendant de longues minutes. En point de presse, M. Charest n'a pas voulu dire si l'agenda de sa tournée est fait et diffusé pour esquiver de telles rencontres.

Aux journalistes, il a établi que les démonstrations de ceux qui combattent sa décision de hausser les droits de scolarité pour s'inscrire à l'université ne changeront rien à sa détermination de les imposer. Il jure qu'il ira de l'avant avec cette disposition de sa plate-forme électorale, «qu'elle est bonne, que nous y croyons».

Pauline Marois réplique

«Évidemment, chaque fois qu'il y a de la violence, il faut le dénoncer et nous l'avons fait à tout moment. Mais entre vous et moi, le premier responsable de ce qu'il se passe actuellement c'est Jean Charest, son mauvais gouvernement, son irresponsabilité à l'égard de cette question et de cette crise qu'il a lui-même provoquée avec la loi 78», a répliqué la chef du Parti québécois, Pauline Marois. Comme elle l'a fait à de nombreuses reprises la veille, la chef péquiste a ensuite martelé que son rival libéral se servait de la crise étudiante pour faire oublier son bilan.

Néanmoins, quelques militants rencontrés au local de campagne du candidat péquiste dans Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin, ont dit craindre que de nouvelles manifestations violentes assombrissent la campagne de leur chef. «Ce qui me fait peur c'est que la CLASSE [Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante] descende dans la rue, c'est juste ça que Jean Charest veut», a fait valoir Mireille Côté, âgée de 68 ans. «Je me demande si le grabuge ne vient pas plutôt d'en haut», a évoqué de son côté Rolande Filion, évoquant même la possibilité que ce soit le premier ministre lui-même qui ait orchestré de tels actes.

Avec la collaboration d'Annie Mathieu

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