Dette du Québec: le spectre de l'Espagne plane

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Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

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La dette du Québec est comparable à celle de l'Espagne avant la crise économique en Europe. Depuis, le gouvernement de Mariano Rajoy a dû imposer des mesures d'austérité contestées par les Espagnols, dont les employés du gouvernement qui ont manifesté à Barcelone cette semaine.

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Gilbert Leduc

Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Deux mots à garder à l'esprit tout au long des 35 jours de la campagne électorale québécoise: dette et Espagne.

«Notre situation est comparable à celle de l'Espagne avant l'avènement la crise économique en Europe», martèle le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval. «La dette du Québec continue à grimper malgré les efforts assez conséquents consacrés à la compression des dépenses publiques», fait remarquer la directrice des affaires publiques et des relations gouvernementales des Manufacturiers et exportateurs du Québec, Audrey Azoulay.

«Pas moins de 96 % de nos membres nous disent que l'augmentation du fardeau de la dette les inquiète. C'est assez clair, merci!» constate Martine Hébert, vice-présidente pour le Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).

D'ailleurs, le Baromètre des affaires publié mercredi par la FCEI montre que le moral des dirigeants des PME avait atteint, en juillet, son niveau le plus bas depuis trois ans. Les patrons québécois sont d'ailleurs parmi les plus pessimistes au pays. À peine 58 % d'entre eux s'attendent à obtenir de meilleurs résultats au cours des 12 prochains mois.

Situation fragile

Pendant que les politiciens - et ceux qui rêvent de le devenir - commençaient, mercredi, leur marathon de séduction auprès des électeurs, les porte-parole des principales associations patronales se chargeaient de rappeler à tout ce beau monde que la situation économique au Québec était fragile et qu'elle devait occuper une place prépondérante dans le discours électoral d'ici au 4 septembre.

«C'est vrai, nous ne nous retrouvons pas dans le même contexte que certains pays européens, mais ça ne veut pas dire que nous n'avons pas une dette qu'il faut réduire et que le problème des finances publiques ne nous touche pas», signale Audrey Azoulay.

Yves-Thomas Dorval rappelle que le Québec n'a pas connu le «chaos» durant la récession puisque son économie a été soutenue «artificiellement» par des investissements publics massifs. Sans compter les billets verts encaissés par l'entremise de la péréquation. «Un jour, il faudra bien cesser d'être des abonnés au bien-être social canadien!»

«Subir une récession, c'est comme recevoir une bonne claque dans la face. Ça veut dire: fais le ménage dans tes affaires. Puisque la récession ne nous a pas trop fait souffrir, comme elle l'a fait à d'autres, la réflexion ne s'est pas faite sur les moyens pour redresser les finances publiques et pour accroître la croissance économique», affirme M. Dorval.

«Or, le Québec se retrouve aujourd'hui avec une dette qui grossit à vue d'oeil. Nous n'avons plus la marge de manoeuvre pour continuer à réaliser des investissements publics au même rythme qu'auparavant.»

Seuil psychologique

Selon le Conseil du patronat, tant la dette nette que la dette brute du Québec en pourcentage du PIB avoisinaient ou dépassaient en 2010 le seuil psychologique du 50 %. La dette brute était de 53 % et la dette nette, de 49 %. Des proportions plus élevées qu'en Ontario (39 % et 33 %), qu'en Colombie-Britannique (22 % et 14 %) ou qu'en Alberta où le pourcentage de la dette brute en pourcentage du PIB s'établissait à 6 %, alors que celui de la dette nette était à moins de 11 %.

Selon l'Institut économique de Montréal, la dette publique du Québec augmente de 10,2 milliards $ par année, ou 28 millions $ par jour, ou 19 331 $ par minute, ou 322 $ par seconde.

«C'est clair que l'on s'en va dans le mur», tranche Yves-Thomas Dorval qui ne réclame pas des coupes sauvages dans les services publics. «Il est légitime qu'un gouvernement veuille proposer de nouveaux programmes. Ce qu'on lui demande, par contre, c'est de couper ailleurs avant de faire de nouvelles dépenses.»

Engagements clair

«Nous espérons qu'un parti politique - et idéalement que plusieurs partis politiques - dira clairement que l'avenir économique du Québec, tant au plan social, environnemental, culturel et identitaire, passe par la prospérité et la croissance des entreprises», insiste Audrey Azoulay. «Et non pas uniquement par l'augmentation des taxes et des impôts», conclut Martine Hébert.

Les associations patronales promettent de suivre les formations politiques à la trace et de les forcer à prendre des positions concrètes à l'égard des priorités identifiées par les entreprises.

****

Priorité: économie

Voici les principales priorités économiques se retrouvant sur la liste d'épicerie électorale des associations patronales:

- Réforme du fardeau fiscal des entreprises

- Réduction de la réglementation et du fardeau administratif

- Saine gestion, contrôle serré des finances publiques et retour à l'équilibre budgétaire

- Stratégie pour affronter le phénomène du vieillissement de la population et de son impact sur la disponibilité de la main-d'oeuvre

- Assurer la pérennité des régimes de retraite

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