Charest demande à la «majorité silencieuse» de s'exprimer

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Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement le 1er août 2012, en déclenchant officiellement des élections générales pour le 4 septembre. »

Jean Charest a déclaré que l'élection permettra à... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Jean Charest a déclaré que l'élection permettra à la «majorité silencieuse» de s'exprimer sur la hausse des frais de scolarité, qui a plongé le Québec dans une crise sociale au printemps.

Le Soleil, Erick Labbé

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Jean Charest se servira de l'interminable conflit étudiant comme fer de lance de sa campagne pour convaincre «la majorité silencieuse» de lui confier un quatrième mandat.

Le premier ministre sortant a servi un premier discours où l'affrontement autour de la question des droits de scolarité, thème «incontournable», a dominé tout en servant d'arme pour attaquer un seul adversaire, Pauline Marois, la chef du Parti Québécois. Le Plan nord a été relégué en second.

«La rue a fait beaucoup de bruit», a-t-il lancé au sujet des manifestations qui se sont déroulées pendant des semaines, principalement à Montréal. «C'est au tour des Québécois de parler et de trancher cette question.

Dans son discours, il s'est d'abord présenté comme un aspirant premier ministre qui se veut «à l'écoute des Québécois, ce ceux qui parlent fort autant que de ceux qui sont silencieux». Il a fait valoir à plusieurs reprises que cette majorité silencieuse se manifestera en sa faveur.

Le chef du Parti libéral du Québec a fait valoir que les derniers mois ont été marqués «par des actes de violence et d'intimidation», par la banalisation «du non-respect des lois dans certains milieux».

Il a laissé entendre que les manifestants contre le relèvement des frais pour fréquenter l'université ont un «agenda caché» qui vise à ébranler les fondements de la démocratie. «Les Québécois ne s'y reconnaissent pas», a-t-il clamé.

Comme il l'a martelé depuis le début de la crise, Jean Charest a accusé la chef du PQ «d'avoir abdiqué ses responsabilités. [Mme Marois] a porté le carré rouge, le symbole de ceux qui pensent que c'est la rue qui gouverne. [...] Elle propose de plier, de céder, de leur donner tout ce qu'ils [les contestataire] demandent.

«Pauline Marois et le Parti québécois ont fait le choix d'embrasser le mouvement de contestation, de porter ses symboles - le fameux carré rouge - et même d'y recruter un de ses candidats», l'ex-président de la Fédération étudiante collégiale, Léo Bureau-Blouin, a renchéri le libéral.

Le 4 septembre 1984 marque l'anniversaire du de la toute première élection remportée par le candidat Charest, à Ottawa. Le prochain «4 septembre n'est pas [un scrutin] comme les autres, a fait valoir M. Charest.

Cette fois, l'enjeu «est fondamentalement différent», a-t-il dit. Jean Charest a ajouté qu'il «n'a pas souvenir» qu'un scrutin soit venu régler «une question de fond aussi importante [...] Nous proposons une société qui avance dans le respect de chaque citoyen, dans le respect de la société, dans le respect de la démocratie.»

Il n'a réservé qu'une pique au chef de l'autre formation politique pouvant légitimement aspirer au pouvoir, la Coalition avenir Québec (CAQ). «Je constate à regret que François Legault a abandonné la défense du droit à l'éducation.» La CAQ a appuyé, en mai, la loi 78, attaquée pour ses limitations au droit de manifester dont elle demande d'abroger certaines dispositions.

En ce début des hostilités sur le terrain politique, M. Charest a clairement associé les chefs syndicaux aux leaders étudiants qui ont dressé «un mur infranchissable d'intransigeance». En soirée, le ministre sortant Clément Gignac a été encore plus direct. «C'est quoi, notre vision du Québec? Des leaders étudiants ou des leaders syndicaux qui vont gérer le Québec? Ou bien des gens qui mettent leur face sur des poteaux» pour se faire élire?

Sortie publique en lieu sûr

M. Charest a effectué sa sortie publique dans un lieu où nul protestataire ne pouvait dérégler la mise en scène libérale ou l'interrompre en jouant de la casserole: le tarmac de l'aéroport de Québec.

Il a écarté la thèse que ses organisateurs sont allés en territoire fédéral pour éviter la confrontation. Cet endroit a été choisi parce qu'il est un «symbole de la prospérité économique» de la capitale.

Jean Charest a détourné une question sur son slogan - Pour le Québec - pour se moquer de celui du PQ - À nous de choisir -. «Je remercie le Parti québécois et Mme Marois de l'avoir proposé. À chaque fois que vous (le verrez), sachez que vous avez le droit de choisir entre les référendums [sur la souveraineté] et la rue ou [de l'autre côté] l'emploi, l'économie et la démocratie.»

Miniconcert de casseroles

L'assemblée d'investiture de Clément Gignac, dans Taschereau, a donné lieu au premier d'une série de concerts de casseroles. Devant les portes du Centre Durocher, où environ 250 libéraux étaient réunis pour entendre leur chef Jean Charest, une trentaine de manifestants ont hué le nom du premier ministre et joué du chaudron et du sifflet pour marquer leur désapprobation du gouvernement.

«Ils ne sont pas nombreux», a tenu à dire un partisan de Jean Charest. Mais organisateurs et militants les ont quand même trouvés énervants.

Dans la salle, avant même le début des allocutions, l'un d'eux a lancé à son voisin que «j'en veux plus jamais, du monde qui tape sur les casseroles». L'assemblée s'est terminée sans incident. Une nouvelle représentation du concert est prévue, bientôt.

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