Mario Dumont rend les armes

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«C'est avec beaucoup de passion que je sers le Québec depuis plus de 14 ans à titre de député et plus de 20 ans à titre de militant, a noté M. Dumont. J'ai adoré ce que j'ai fait, mais le temps est venu pour moi de tourner la page et de retrouver les miens.»

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Le Québec en élections

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Le Québec en élections

Le premier ministre Jean Charest a mis un terme à son gouvernement minoritaire, le 5 novembre, en déclenchant officiellement des élections générales qui se tiendront le 8 décembre. »

(Rivière-du-Loup) Assommé par la dégringolade de son parti, Mario Dumont jette l'éponge. Il a fait ses dernières élections à la tête de l'Action démocratique du Québec où s'ouvre maintenant une course à la direction.

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Entouré de sa femme et de ses trois enfants, il a quitté une salle étonnamment vide et tiré un trait sur son rêve de gouverner le Québec.

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Après les résultats catastrophiques du parti qu'il a fondé en 1992 - une perte de 34 députés - , Mario Dumont n'entreprendra pas une autre traversée du désert. Les yeux dans l'eau, entouré de sa femme et de ses trois enfants, il a quitté une salle étonnamment vide et tiré un trait sur son rêve de gouverner le Québec.

 

«Devant les Québécois et nos candidats défaits, j'assume toute ma responsabilité (pour le résultat), a dit M. Dumont. Vous ne serez pas surpris de m'entendre vous dire que je ne serai pas à la tête de mon parti lors des prochaines élections générales du Québec.»

Au cours de la campagne, il a dit à maintes reprises qu'il accepterait un nouveau mandat si les Québécois le lui confiaient. Il a aussi dit que le jour où il quitterait la vie politique, cela serait définitif.

«C'est avec beaucoup de passion que je sers le Québec depuis plus de 14 ans à titre de député et plus de 20 ans à titre de militant, a noté M. Dumont. J'ai adoré ce que j'ai fait, mais le temps est venu pour moi de tourner la page et de retrouver les miens.»

Faciliter la transition

Réélu sans difficulté dans Rivière-du-Loup, l'homme de 38 ans a assuré qu'il ne coupait pas les liens avec son parti d'un coup. «Au cours des prochaines semaines, je m'appliquerai à travailler avec les élus, à leur faciliter la transition au sein du parti afin que tout se passe de la meilleure façon possible pour le bien du Québec», a-t-il déclaré.

La démission du chef a secoué les militants présents. L'ambiance était à des années-lumière de l'euphorie qui y régnait en 2007. «Tu vois qu'il se donnait et il était franc dans ce qu'il faisait, commente José Soucy, un costaud dans la trentaine. J'ai beau peser 200 livres, les larmes me sont venues aux yeux.»

Lundi, dans l'une des déconfitures les plus spectaculaires de l'histoire politique du Québec, l'ADQ n'est parvenu à conserver que 7 des 41 députés élus l'année dernière.

Le parti autonomiste n'a pu éviter la catastrophe appréhendée depuis la publication de sondages dévastateurs et a reçu une gifle cinglante de l'électorat québécois.

Les yeux rivés sur les écrans géants, les membres de la caravane adéquiste ont affiché des mines de plus en plus déconfites à mesure que tombaient leurs meilleurs soldats. Les défaites des Gilles Taillon, Sébastien Proulx et de Sylvain Légaré ont été autant de coups à encaisser. Seule la possibilité d'obtenir la balance du pouvoir a créé de l'espoir dans les troupes pendant un certain temps.

Mario Dumont a salué la victoire «obtenue avec le vent de face» des autres adéquistes. «Le mandat que vous a confié la population est d'autant plus précieux car vous aurez le rôle de porter haut et fort les aspirations de centaines de milliers de citoyens», a-t-il lancé.

À Sherbrooke, dans son discours de victoire, Jean Charest a rendu hommage à la «contribution remarquable à la vie politique québécoise» de M. Dumont. «Il aura manifesté au fil des ans une force de caractère exceptionnelle», a déclaré M. Charest.

Le parti perd son statut

À mesure que le PLQ et le PQ s'arrachaient ses sièges, il est rapidement apparu que l'ADQ serait dépouillée de son statut de formation politique reconnue à l'Assemblée nationale. Une reconnaissance qui s'accompagne d'importants budgets de recherche et du temps de parole en Chambre. Plusieurs dizaines d'emplois devront être abolis à l'ADQ.

Déjà, dans les heures qui précédaient le dévoilement des résultats, des membres de l'entourage du chef montraient des signes d'inquiétude. Le taux de participation, qui a rapidement affiché un retard significatif sur celui de l'année dernière, a fait craindre des résultats décevants.

Un stratège a confié qu'entre les plus et les moins optimistes, les prédictions dans l'entourage du chef variaient entre 8 et 15 députés. Lundi, plusieurs avaient les yeux rougis. Un proche du chef se rappelait avec émotion la naissance de l'ADQ et le dépôt du premier bulletin de candidature de Mario Dumont, en 1994, entouré de membres de sa famille.

 

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