Le premier ministre sortant a fourni ces indications, hier, à Lévis, au moment où il continuait d'accuser l'adéquiste Mario Dumont de mener une «campagne de peur» appuyée sur la possibilité que la récession amène l'État à sabrer dans les prestations des retraités.
M. Charest a confirmé que non seulement il ne sait pas s'il y a des pertes à la Caisse, mais qu'il ne veut pas le savoir.«Jamais, depuis cinq ans que je suis premier ministre, je n'ai demandé cette information.
«Nous l'apprenons en même temps que tout le monde, en fin d'année, a-t-il soutenu. (...) La population doit savoir que la Caisse fonctionne indépendamment du politique.»
La Caisse vous avise-t-elle lorsque les nouvelles sont mauvaises, a-t-on demandé. «Non», a immédiatement répondu M. Charest. Il a souligné que cette ligne de conduite était déjà celle du précédent pdg de la Caisse, Paul-Henri Rousseau, nommé par le Parti québécois.
Le chef libéral a, par contre, été catégorique sur les chèques des retraités. La Régie des rentes n'aura absolument aucune difficulté à rencontrer ses obligations. Aucun danger de voir les prestations coupées, selon lui. Les entrées de fonds à la Régie sont supérieures aux sorties, a-t-il tranché.
Campagne de peur
En matinée, Jean Charest s'est livré à une virulente sortie contre Mario Dumont. Le meneur de l'Action démocratique a entrepris «une campagne de peur odieuse» auprès des personnes âgées, campagne qui le rend indigne de siéger à l'Assemblée nationale.
Contrairement à ce que prétend, M. Dumont, a insisté le libéral, l'État ne mettra pas la hache dans les chèques de pension. La conduite de l'adéquiste le rend «indigne de demander la confiance des gens. Un élu qui traîne nos institutions dans la boue, qui exploite et alimente l'insécurité de nos parents et grands-parents, mérite d'être jugé sévèrement.»
«La solvabilité de la Caisse n'est pas compromise, a fait valoir le libéral. Les revenus de retraite de la Régie des rentes ne sont pas menacés.
M. Charest n'a pas manqué de faire coup double. Il s'en est pris sur le même sujet à la péquiste Pauline Marois. Son équipe a aussi «tenté de faire peur aux Québécois» en évoquant des manques de liquidités massifs, a mis de l'avant le libéral. Or, a-t-il poursuivi, la haute direction l'a contredite.
Selon M. Charest, la chef du PQ a tout faux de réclamer, en cours d'année, la divulgation de chiffres sur la situation à la Caisse. Il a cité l'ancien premier ministre péquiste Bernard Landry et l'ex-député du Bloc québécois Yvan Loubier comme des «experts» qui soutiennent qu'il faut s'abstenir de le faire.