«Ça tombe sous le sens, les demandes de M. Labeaume», a affirmé le candidat libéral dans Québec, Damien Rousseau. Et reprenant le principal cheval de bataille du maire, l'ancien journaliste a assuré qu'un gouvernement libéral rétablirait en priorité le financement des organismes de développement économique. Mieux, une table de travail pour trouver de «nouveaux modes de financement récurrents» serait créée pour éviter de voir ces organismes quémander continuellement leur financement.
Comme le dévoilait Le Soleil le 5 octobre dernier, les libéraux ont débordé de la liste d'épicerie du maire pour appuyer une douzaine d'autres projets régionaux, dont ceux du Massif et d'une autoroute à travers la Beauce.
Malaise
Le défilé des libéraux devant le conseil municipal hier soir a toutefois suscité un certain malaise au sein des élus surpris de les voir détourner la période des questions pour promouvoir leur candidature. «Ce n'est peut-être pas souhaitable, effectivement. Je pense qu'il faut donner priorité aux citoyens. Mais il faut peut-être adopter l'approche libérale, dans le sens de tolérance, pourvu que le droit des citoyens de s'exprimer soit respecté», a jugé le chef de l'opposition Alain Loubier.
Même M. Labeaume, habituellement volubile, est resté plutôt avare de commentaires sur la visite des libéraux au conseil municipal. «Je remercie les candidats libéraux de nous avoir avertis de leur visite, sinon on aurait fait un méchant saut», a tout de même ironisé le maire à leur arrivée.
Souhaitaient-ils ainsi redorer leur blason en récoltant des bons mots d'un maire populaire? «Ce n'est pas une question d'être payant, c'est des demandes faites par M. Labeaume qu'on considère comme raisonnables. On n'a pas répondu parce qu'on voulait être complaisants», a assuré le candidat libéral dans Louis-Hébert, Jean Beaupré.
Disant remercier les candidats d'appuyer sa liste d'épicerie, M. Labeaume a bien fait attention de ne pas se mouiller en leur faveur. Il ne s'est toutefois pas gêné pour écorcher au passage le ministre conservateur Jean-Pierre Blackburn. «Je trouve ça créatif de créer une table, mais je tiens à rappeler qu'avant l'arrivée de M. Blackburn, ça fonctionnait bien.»