Taux de participation: la palme à Louis-Hébert

Dans les autres circonscriptions de la grande région... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Dans les autres circonscriptions de la grande région de la capitale, le taux de participation reste néanmoins plus élevé que la moyenne provinciale, excepté pour Beauport-Limoilou et Montmorency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord.

Le Soleil, Erick Labbé

(Québec) Les électeurs canadiens ont été un peu plus nombreux à se rendre aux urnes lundi que lors du dernier scrutin de 2008, le taux de participation étant passé de 58,8 % à 61,4 %. Et au Québec, c'est la circonscription de Louis-Hébert qui a battu le record du taux de participation, avec 73 %.

C'est ce qu'a constaté Le Soleil après avoir consulté les taux de participation des 75 circonscriptions québécoises, disponibles sur le site d'Élections Canada. La deuxième circonscription où le taux de participation est le plus élevé est celle de Verchères-Les Patriotes, avec 70,1 %. À l'inverse, seulement 50,6 % des électeurs se sont présentés dans la circonscription de Saint-Léonard-Saint-Michel, située sur l'île de Montréal.

Consultez les taux de participation dans les circonscriptions de la région.

La circonscription de Louis-Hébert, qui s'étend de Cap-Rouge au quartier Saint-Sacrement en passant par Sillery, comprend l'Université Laval, deux cégeps et le secteur de l'aéroport Jean-Lesage.

Il s'agit de la circonscription la mieux nantie de la capitale, avec un revenu moyen par ménage de 76 693 $. L'âge médian de sa population est de 44 ans, ce qui en fait la deuxième plus âgée après Québec.

C'est aussi dans Louis-Hébert que l'on retrouve le taux de scolarité le plus élevé de la région, avec 42 % des électeurs qui ont un diplôme universitaire en poche, selon Statistique Canada.

Mais malgré ces indices, bien malin celui qui peut vraiment expliquer pourquoi les gens de Louis-Hébert votent plus qu'ailleurs. «Je n'ai pas vraiment d'explication, ce n'était même pas une lutte serrée», laisse tomber François Gélineau, professeur adjoint au département de sciences politiques à l'Université Laval.

Le candidat néo-démocrate y a battu le candidat bloquiste avec plus de 8700 voix, lundi soir. La circonscription est toutefois très volatile puisque depuis 10 ans, elle a fait élire la libérale Hélène Scherrer, le bloquiste Roger Clavet, le conservateur Luc Harvey, le bloquiste Pascal-Pierre Paillé et maintenant, le néo-démocrate Denis Blanchette.

Ce dernier ne s'explique pas vraiment pourquoi les citoyens de Louis-Hébert votent si massivement, mais se dit «à moitié surpris». «Si je me rappelle bien, le taux de participation dans Louis-Hébert était l'un des plus élevés au Canada lors des élections précédentes», dit-il. En 2008, il s'élevait en effet à 70,3 %, soit le deuxième score au Québec.

Dans les autres circonscriptions de la grande région de la capitale, le taux de participation reste néanmoins plus élevé que la moyenne provinciale, excepté pour Beauport-Limoilou et Montmorency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord.

Au Québec et au Canada

Dans l'ensemble de la province, 62,2 % des citoyens se sont rendus aux urnes, ce qui place le Québec en quatrième position au Canada, ex-aequo avec l'Ontario. C'est à l'Île-du-Prince-Édouard que les citoyens ont voté le plus massivement, à 74 %. À l'échelle nationale, le taux de participation a connu un léger regain qui n'a pas surpris M. Gélineau : «On a vu une vague de changement qui a pu mobiliser les gens. Mais la grande question, c'est "qui est allé voter?"»

Il est trop tôt pour savoir si cette légère hausse peut être attribuée à une participation accrue des 18-24 ans, qui n'ont été que 37 % à voter en 2008. Élections Canada a l'habitude de produire des analyses sur le sujet généralement plusieurs mois après le scrutin.

De son côté, le politologue Christian Rouillard s'attendait lui aussi à une légère remontée de la participation électorale, mais rappelle que le phénomène demeure «profondément inquiétant et décevant», malgré ce faible regain.

«Selon moi, le faible taux de participation est directement lié au mode de scrutin, affirme ce professeur de l'Université d'Ottawa. On en parle depuis des années mais il va falloir se pencher là-dessus. C'est un enjeu démocratique fondamental.»

Avec la collaboration de Jean-François Néron

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