La région de Québec vire au orange

La ministre Josée Verner n'a pas résisté à... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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La ministre Josée Verner n'a pas résisté à la vague du NPD qui a déferlé sur Québec.

Le Soleil, Steve Deschênes

(Québec) La vague orange a fait céder les digues conservatrices et bloquistes à Québec, lundi, et a presque tout emporté avec elle.

Une poussée phénoménale de fièvre orange s'est propagée sur l'ensemble de la région de Québec. Pour la première fois de son histoire, elle envoie des représentants néo-démocrates à Ottawa. Sept d'entre eux.

La capacité de la région de Québec à faire table rase et repartir en neuf s'est à nouveau confirmée. Tous les députés, exception faite des deux de la Rive-Sud, ont été rayés de la carte.

Pour la ministre conservatrice sortante Josée Verner, responsable de la région de Québec, la gifle est cinglante. La porteuse de dossiers dans la capitale pour le gouvernement Harper depuis cinq ans est battue par la néo-démocrate Alexandrine Latendresse, 26 ans, diplômée en études russes de l'Université Laval. La bagarre a été rude, mais Mme Verner n'est jamais parvenue à combler le mince écart qui s'est créé entre elle et sa rivale.

Figure de proue du Bloc à Québec depuis la création du parti, en 1993, Christiane Gagnon a elle aussi été défaite. Sa succession sera assurée par la néo-démocrate Annick Papillon, journaliste de formation, qui s'est rapidement détachée du peloton pour prendre d'assaut la forteresse bloquiste.

En début de campagne, le parti de Jack Layton a misé beaucoup d'espoirs sur la circonscription de Beauport-Limoilou. La conservatrice Sylvie Boucher, qui s'est fait reprocher son «absence» par ses adversaires, s'est fait montrer la sortie par les électeurs. Ils lui ont préféré Raymond Côté, fonctionnaire à Services Québec, qui tentait sa chance pour la deuxième fois sous la bannière néo-démocrate. M. Côté devient représentant de la circonscription qui recoupe les terrains d'ExpoCité sur lesquels doit être construit le nouveau colisée.

Un autre député conservateur sortant doit faire son baluchon et quitter Ottawa. L'avocat Daniel Petit, dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, a été l'un des premiers élus de la région à devoir baisser pavillon. Dans le cas de la néo-démocrate Anne-Marie Day, qui prenait sa revanche, la persévérance a été payante. Sa victoire a été sans équivoque. M. Petit a été le premier à rejeter du revers de la main la «liste d'épicerie» du maire de Québec qui allait, selon lui, «coûter une barge».

La circonscription de Portneuf-Jacques-Cartier, détenue depuis 2006 par André Arthur, ne fait pas exception. Là encore, la poussée du NPD a été irrésistible. La néo-démocrate Élaine Michaud s'est dégagé une majorité confortable sur l'ex-animateur de radio. Il s'agit de la seule circonscription au Canada où les conservateurs ne présentaient aucun candidat pour laisser la voie libre à M. Arthur. Le Bloc n'a pas épargné M. Arthur, l'accusant de s'intéresser seulement à sa pension et de s'absenter d'Ottawa pour «vendre des balayeuses et conduire des autobus».

La circonscription de Louis-Hébert, qui a changé de main de façon systématique depuis cinq élections, a encore échappé au député sortant, le bloquiste Pascal-Pierre Paillé. Le candidat du NPD, Denis Blanchette, lui aussi porté par la vague orange, lui a ravi le titre. Il en était aussi à sa deuxième tentative.

Un autre bloquiste de la première heure, Michel Guimond, a été mis sur un siège éjectable. Après une lutte à finir au cours de laquelle lui et le néo-démocrate Jonathan Tremblay, briqueteur-maçon, se sont échangé la tête, M. Guimond a dû s'avouer vaincu.

La Rive-Sud tient bon (SS-T)

Rive-Sud

Sur la Rive-Sud, les gigantesques majorités que s'étaient dégagées en 2008 les conservateurs Jacques Gourde (12 000), dans Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière, et Steven Blaney (11 000), dans Lévis-Bellechasse, ont considérablement fondu. Elles ont toutefois permis aux deux députés de résister aux assauts des néo-démocrates. M. Gourde a dû avoir particulièrement chaud. Il a été talonné toute la soirée.

Comme à bien d'autres endroits au pays, le Parti libéral du Canada a connu une dégelée historique dans la région de Québec. Il a été relégué au quatrième rang dans la plupart des circonscriptions de la région. Une déconvenue qui laisse entrevoir, là aussi, l'ampleur de la tâche à accomplir pour rebâtir le Parti à Québec.

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