Manif aux croûtons à l'ail au bureau du député Michel Pigeon

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Les manifestants ont émietté de grandes quantités de croûtons à l'ail sur le plancher des différents locaux du bureau, éparpillé des graines de tournesol un peu partout et apposé sur les murs plusieurs autocollants sur lesquels on pouvait lire le nom du groupe derrière cette action de revendication.

Le Soleil, Martin Martel

(Québec) Une trentaine de manifestants qui s'opposent au plus récent budget du gouvernement du Québec et aux hausses des droits de scolarité ont littéralement pris le contrôle du bureau de circonscription du député libéral de Charlesbourg, Michel Pigeon, jeudi matin, vers 10h30.

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Les manifestants ont émietté de grandes quantités de croûtons à l'ail sur le plancher des différents locaux du bureau, éparpillé des graines de tournesol un peu partout, chanté des slogans antipauvreté, tout en apposant sur les murs plusieurs autocollants sur lesquels on pouvait lire le nom du groupe derrière cette action de revendication.

Cette organisation est la Coalition de Québec et Chaudière-Appalaches opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, qui représente une trentaine de groupes de défense des droits sociaux de la région.

Les manifestants ont simulé la livraison d'un colis afin de pénétrer dans le bureau de circonscription, qui se trouve dans un centre commercial du boulevard Henri-Bourassa. Un seul manifestant s'est présenté à la porte avec un colis dans les mains, ce qui a incité l'attaché politique du député, André Huot, à déverrouiller la porte du bureau. Il a immédiatement été poussé à l'intérieur, et la trentaine de manifestants s'est installée dans le bureau de M. Pigeon.

Le député et adjoint parlementaire à la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport n'était pas sur place au moment des faits.

«Ils n'ont frappé aucun des trois employés qui étaient sur place», raconte M. Huot, dans un bureau envahi par une forte odeur de croûtons à l'ail. «Et ils n'ont rien brisé. Ils disaient qu'ils étaient tannés de la pauvreté et de n'avoir que des miettes.»

Les manifestants ont été présents pendant une vingtaine de minutes dans le bureau. Un des protagonistes a filmé leur occupation du bureau de circonscription. À la fin de leur chant, les manifestants ont déclaré le bureau de M. Pigeon fermé par la population.

L'ancien recteur visé

«La Sûreté du Québec [SQ] nous avait prévenus ce matin [jeudi] qu'on pourrait avoir des visiteurs en raison des manifestations étudiantes qui ont lieu aujourd'hui à Montréal», affirme Anne-Marie Mongrain, qui occupe aussi un poste d'attachée politique auprès du député. «Mais ce n'étaient pas des jeunes, mais bien des gens dans la trentaine, quarantaine et même des têtes blanches.»

«Mais ils ont fait allusion à M. Pigeon et à son ancien poste de recteur de l'Université Laval», ajoute M. Huot.

Mme Mongrain dit avoir été bousculée par certains des manifestants. Elle a été en mesure d'aller se cacher rapidement dans son bureau, à l'arrivée des manifestants, afin d'appeler leur contact à la SQ, pour obtenir de l'aide de la police.

À l'arrivée des policiers, Mme Mongrain dit avoir été en mesure de montrer aux policiers certains des manifestants qui prenaient la fuite dans une voiture dans le stationnement du centre commercial.

À la police de Québec, on affirme que ces gens ont été identifiés par des policiers, mais que personne n'a été arrêté. Un spécialiste en identité judiciaire a été dépêché sur les lieux, affirme Sandra Dion, porte-parole de la police de Québec.

Action dénoncée

Mme Mongrain dénonce l'action qui a été réalisée au bureau de circonscription. «S'exprimer en démocratie, c'est bien correct. Mais faire du saccage comme ils l'ont fait, ce n'est pas la meilleure façon de s'exprimer.»

Un porte-parole de la coalition affirme justement qu'il a été choisi d'y aller avec une action plus invasive, parce que le gouvernement n'écoute pas les revendications de la population.

«On en a fait, des manifestations pacifiques, mais ce gouvernement-là n'écoute pas», a expliqué François Couillard, membre du comité de mobilisation de la Coalition de Québec et Chaudière-Appalaches opposée à la tarification et à la privatisation des services publics.

«On est rendus au moment où il faut faire des actions plus directes auprès des élus, afin de faire monter la pression sur le gouvernement.»

Cette coalition affirme avoir réalisé cette action directe afin d'appuyer les manifestations étudiantes qui ont eu lieu à Montréal jeudi.

«En tant qu'ancien recteur de l'Université Laval, M. Pigeon sait très bien quels sont les impacts de la hausse des frais de scolarité sur les étudiants», avance M. Couillard.

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