Laissez-vous chanter la pomme

Le «fruit défendu» continue d'occuper une place de... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le «fruit défendu» continue d'occuper une place de choix dans le coeur des Québécois. En 2008, il représentait 14,64 % des ventes de fruits frais, au deuxième rang après la banane à 23,38 %.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Que met-on exactement dans notre assiette? Le Soleil se penche sur les aliments qui se retrouvent dans notre panier d'épicerie. De quoi se composent-ils? Comment les choisir? Valent-ils leur coût plus élevé? Sont-ils aussi bons qu'on le dit pour la santé? Un rendez-vous aux deux semaines. »

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(Québec) Une pomme par jour éloigne le docteur pour toujours, disaient les vieux. L'adage n'est pas infaillible - on peut manger une pomme par jour et être malade -, mais aussi, il est dépassé.

À l'époque où les oranges se trouvaient seulement dans les bas de Noël, les fruits locaux revêtaient une grande valeur. Mais faites le test aujourd'hui et voyez la place occupée par les importations à l'épicerie, vous verrez que le Québec a une dure compétition.

Malgré cela, le «fruit défendu» continue d'occuper une place de choix dans le coeur des Québécois. En 2008, il représentait 14,64 % des ventes de fruits frais, au deuxième rang après la banane à 23,38 %.

Par contre, à l'heure où tout le monde déchire sa chemise pour l'achat local, nos pommes parviennent tout juste à occuper un peu plus de la moitié du marché. Je n'ai pas réussi à dénicher de statistiques provinciales, mais chez Metro, qui se compare probablement aux autres bannières, 55 % des pommes vendues sont cultivées ici. Et de celles-là, la McIntosh demeure la favorite, avec 42 % des ventes.

Avec la Cortland, la Spartan et la Empire, ces quatre variétés représentent 80 % de la production québécoise. Les Lobo, Paula Red ou Sunrise sont considérées comme des pommes de courte saison et n'occupent qu'une petite part de marché.

Deux nouvelles variétés commencent par contre à se faire une place dans nos vergers : la Gala et la Honey Crisp. La première, qui préfère la chaleur, se retrouve surtout dans le sud de la province, où elle est encore produite en quantité minime, selon Antoine Dionne, du ministère de l'Agriculture. À l'opposé, la seconde ne déteste pas la fraîcheur, et on la retrouve de plus en plus autour de Québec.

Pour les 550 pomiculteurs québécois, ces nouvelles percées sur un marché qui n'avait guère bougé depuis quelques décennies ont pour but de reconquérir les consommateurs, qui sont plutôt volages. Par exemple, la Granny Smith, qui représentait 28 % des parts d'importation en 2002 au Canada (on n'a pas de données pour le Québec), a vu celles-ci descendre à 17 % en 2011. Dans le même temps, la Gala est passée de 20 % à 40 %.

Qualité Québec

Sylvain Caouette possède 4500 pommiers à Saint-Eugène de L'Islet. À son avis, le creux de la pomme québécoise a été vécu il y a une quinzaine d'années, alors qu'elle avait pris un net retard de qualité sur les fruits importés.

L'industrie s'est secoué le pommier et a pris diverses mesures, dont la création du logo Pommes Qualité Québec. Celui-ci implique la visite annuelle d'inspecteurs indépendants dans les lieux d'emballage, qui évaluent la présence de meurtrissures, les dommages d'insectes, le calibre, la coloration, la fermeté... Les fruits qui ne correspondent pas aux critères établis prennent le chemin de la transformation plutôt que de se retrouver dans les comptoirs, ce qui améliore la qualité d'ensemble.

Il est loin aussi le temps où les pommes étaient conservées avec les choux, les carottes et les patates dans des caveaux humides d'où elles ressortaient molles et ratatinées. Les entrepôts à atmosphère contrôlée sont devenus la norme depuis quelques décennies.

L'innovation la plus récente est le système SmartFresh, homologué aux États-Unis il y a une quinzaine d'années, et au Canada il y a cinq ans. Celui-ci consiste en l'application d'une dose homéopathique de 1-méthylcyclopropène, une sorte de poudre de perlimpinpin que l'on dit non toxique et sans effet sur l'environnement.

Utilisée de concert avec la conservation à atmosphère contrôlée, cette technique permet de stopper le vieillissement du fruit, ce qui prolonge sa durée de vie après la sortie des entrepôts.

Tout cela n'empêche pas toutefois la pomme d'être le pire produit maraîcher en matière de résidus de pesticides selon une étude réalisée aux États-Unis en 2011 par une association environnementale.

Une des causes importantes des applications est la tavelure, une maladie causée par un champignon et qui occasionne de petites taches brunes sur le fruit. Or, il s'agit d'un problème purement esthétique. Autrement dit, notre course à la perfection encourage la surutilisation de pesticides.

Au Québec, les pommes biologiques représentent moins de 1 % des surfaces des vergers. La liste des producteurs accrédités dépasse à peine la trentaine. Le Verger Corriveau, à Saint-Vallier, est l'un de ceux-là. Pour Carl Richard, fils du propriétaire, il est possible de se passer du chimique en compensant par des inspections beaucoup plus fréquentes. Cela permet d'intervenir plus rapidement et de façon plus ciblée avec des fongicides biologiques, qui sont moins puissants que leurs pendants de synthèse.

Mais bio ou pas, les Québécois iront bientôt aux pommes. La récolte s'annonce dans les normales, mais n'aura sûrement pas le même effet sur les producteurs que celle de 2012. Cette année-là, l'effondrement des récoltes en Ontario et aux États-Unis en raison du gel leur avait permis d'obtenir d'excellents prix par rapport aux années précédentes.

Ainsi va l'agriculture...

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