Orgie de bonbons en vue

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Que met-on exactement dans notre assiette? Le Soleil se penche sur les aliments qui se retrouvent dans notre panier d'épicerie. De quoi se composent-ils? Comment les choisir? Valent-ils leur coût plus élevé? Sont-ils aussi bons qu'on le dit pour la santé? Un rendez-vous aux deux semaines. »

(Québec) L'Halloween approche et, avec ses petits monstres, l'orgie de bonbons qui, selon le niveau de tolérance parentale, seront dévorés en l'espace de quelques jours ou s'étireront sur des mois. Mais essayez donc de dire à votre enfant que sa citrouille est bien assez remplie...

L'industrie de la confiserie ne connaît pas vraiment la crise économique. Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), bien des fabricants ont contourné le problème en réduisant leurs formats. Les prix au kilo sont un peu plus élevés, mais les consommateurs n'en font pas de cas. Après tout, les friandises sont par définition une récompense, et les difficultés de la vie, une raison de plus de se faire plaisir!

En termes économiques, il n'est pas exagéré de parler d'une industrie florissante. En 2008, Marc Inc., plus gros vendeur au monde, a enregistré des ventes au détail de 30 milliards $US. Et je pourrais vous aligner une kyrielle d'autres chiffres du genre. Ce qui est clair, c'est que c'est une industrie qui sait s'adapter!

Le plus populaire

David Plamondon est vice-président aux opérations de la compagnie Allan Candy, dont l'usine est à Granby. De là sortent aussi bien les bonbons en vrac vendus en épicerie qu'une multitude d'emballages affichant divers noms, puisque leurs produits sont aussi achetés par des réemballeurs comme Bonbons Mondoux. L'un des plus populaires? Le fameux Big Foot, une sorte de jujube en forme de pied rouge.

L'Halloween est une période phare pour la consommation de bonbons, mais contrairement à ce qu'on pourrait en penser, elle n'est pas payante, affirme M. Plamondon. Trop de compétition, dit-il, si bien que les ventes se font pratiquement au prix coûtant.

Cela dit, il confirme que l'industrie échappe aux crises. Côté chocolat, il note plutôt une hausse de 1 à 2 % par année. Quant aux bonbons au sucre, il est vrai qu'ils ont subi une baisse d'environ 1 à 3 %, mais c'est plutôt à cause des nouvelles demandes des consommateurs - lire le mot parents - pour des produits moins sucrés.

Virage santé

Hé oui! Comme bien d'autres segments de la transformation alimentaire, la confiserie doit s'adapter au goût du jour, en opérant un virage santé. Méchante contradiction!

Concrètement, cela se traduit par une diminution des ventes de gomme à mâcher avec sucre, de tablettes de chocolat au lait et de bonbons au sucre cuit, au profit d'une hausse des ventes de gomme à mâcher sans sucre et de chocolat noir.

«Le consommateur recherche des produits bons pour la santé dentaire et cardiovasculaire, ainsi que des produits basses calories qui permettent de se déculpabiliser après l'achat d'une gâterie», observe AAC dans un rapport sur les tendances mondiales de ce marché.

C'est vrai, témoigne M. Plamondon. Allan Candy sortira d'ailleurs dans les prochaines semaines un tout nouveau produit, les «super fruits», des bonbons durs fabriqués avec de véritables petits fruits reconnus pour leur contenu en antioxydants, fourrés de surcroît au chocolat noir. La totale, quoi!

Déjà, le sucre des Big Foot a été remplacé en partie par du jus de fruit, et une nouvelle gamme de jujubes à base de vraies purées de fruits s'en vient, histoire de répondre aux demandes des parents, car «c'est eux la clientèle à convaincre».

Dans cette foulée de «manger mieux», les petits formats collation se sont aussi répandus comme une traînée de poudre. «Avant, on faisait seulement du 64 grammes. Aujourd'hui, on a du 12, du 16, du 32 grammes... Ça permet d'en manger moins», note l'industriel.

Bref, on le voit, les confiseurs ont suivi la parade.

L'ultime grand coup porté par Allan Candy aura par ailleurs été l'adoption, il y a un an, d'une certification «sans arachides» dans son usine de Granby, ce qui lui a permis «de gagner énormément de parts de marché». Il en va de même pour les produits sans gluten et le contrôle des allergènes laitiers, qui sont autant de préoccupations nouvelles des consommateurs.

Une offre infinie

Petite, quand j'allais chez ma grand-mère, elle semblait connaître trois variétés de bonbons : ceux au beurre, les rosettes en chocolat et les «pepperman», une jolie adaptation du mot anglais peppermints. Je suis quant à moi de la génération des rouleaux de bonbons (encore populaires!), des cigarettes Popeye, de la gomme balloune et des bonbons à un cent.

Depuis, l'offre est devenue carrément démente et, visuellement, très séduisante. On retrouve des imitations de tout et drôlement bien faites. Allan Candy a justement une commande d'un client américain pour reproduire de petites figurines d'une télésérie très populaire. Les personnages devront être d'une telle précision qu'il a fallu commander un moule de métal de haute définition en Australie au coût de 12 000 $ plutôt que les 500 $ habituels.

Une autre part non négligeable des nouvelles tendances est, selon AAC, celle de l'association confiseries et produits de santé : gomme à mâcher à la nicotine, pastilles médicamentées pour le rhume, comprimés à croquer pour la digestion... Essayez, ensuite, d'expliquer aux marmots que les pilules ne sont pas des bonbons!

Enfin, s'il vous reste un brin de culpabilité, voyez ce que dit le Ministère dans un rapport intitulé La confiserie au Canada : «Lorsqu'elles font partie d'un régime alimentaire équilibré, les confiseries canadiennes peuvent être très nutritives et répondre à une bonne part des besoins quotidiens en calcium, magnésium et riboflavine, ainsi qu'en vitamines A, C et B12. Nombre de friandises contiennent des noix, qui sont une bonne source de protéines. Le chocolat au lait renferme des vitamines, des protéines, des glucides et des lipides, et le cacao du chocolat est une bonne source d'antioxydants.»

Et de conclure que les confiseries n'ont pas à figurer du côté des interdits à la condition de les consommer en quantité raisonnable.

Voilà, je vous laisse expliquer ça à vos enfants...

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