Congrès SportAccord: une première qui coûte cher

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SportAccord réunit annuellement les représentants de plus d'une centaine de fédérations et d'organisations sportives internationales affiliées. C'est Québec qui est la ville hôtesse du 10e congrès de l'association, du 20 au 25 mai 2012. »

Stéphanie Martin

Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Le Congrès SportAccord s'amène en ville aujourd'hui. Si Régis Labeaume en parlait au moment de son annonce comme de l'événement qui a le «plus de poids pour faire connaître Québec», c'est aussi le congrès qui coûtera le plus cher aux contribuables. Plus de 2,5 millions $ de fonds publics seront investis dans cette aventure, qui, somme toute, demeure une initiative privée.

Jusqu'au 25 mai, à Québec, le Congrès SportAccord accueillera 1800 représentants de fédérations sportives mondiales, dont les membres du Comité international olympique (CIO). Dans la foulée, quelque 200 journalistes assisteront aux débats et aux conférences, qui ne seront pas accessibles au grand public. Plusieurs fédérations profiteront de l'événement pour tenir leur assemblée annuelle, le CIO tiendra quatre conférences de presse et beaucoup de discussions auront lieu derrière des portes closes.

Cet événement phare dans le monde du sport ne se déplace pas gratuitement. SportAccord demande en effet à l'organisateur de son congrès dans la ville hôte de s'engager pour la somme de 400 000 francs suisses (427 000 $) en droits forfaitaires et de fournir un devis comprenant certains services qu'il peut offrir gratuitement.

SportAccord n'est pas le seul organisme à fonctionner de cette façon. Québec a déjà posé sa candidature pour accueillir le congrès mondial Intelligence Transportation Systems, qui attire plus de 10 000 délégués, rappelle P.-Michel Bouchard, coordonnateur de l'événement Sport-Accord et président-directeur général du Centre des congrès. «Il aurait fallu mettre 700 000 $ ou 800 000 $. Les modèles existent.»

M. Bouchard en convient, autant de financement public pour un congrès, «c'est une première à ce niveau-là» à Québec. Mais avec SportAccord, on est dans une classe à part. «C'est un nouveau modèle d'affaires. Ceux qui ont adopté ce modèle savent qu'ils ont quelque chose à nous offrir. Ils vont en laisser beaucoup plus. C'est raisonnable de penser que c'est un sacrifice à accepter pour une région», analyse P.-Michel Bouchard.

Les divers paliers de gouvernement ont effectivement répondu présents. Le gouvernement provincial contribue pour 1,3 million$. Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport versera 900 000$, le ministère du Tourisme, 225 000$. De son côté, le ministère des Relations internationales octroie 109 000$ et 66 000 $ proviendront du Bureau de la Capitale-Nationale.

De son côté, la participation du gouvernement fédéral s'élève à 600 000 $ et est assurée par l'Agence de développement économique pour les régions du Québec, qui est sous la responsabilité du ministre des Transports Denis Lebel.

La Ville de Québec injecte quant à elle 500 000 $, dont 100 000 $ serviront à construire un kiosque où des représentants d'événements d'ici comme Claude Rousseau, Serge Arsenault du Grand Prix cycliste ou Chantal Lachance de Gestev discuteront avec des organisateurs internationaux. Ce kiosque pourra être réutilisé dans d'autres événements, assure-t-on à la Ville.

«Il n'est pas fréquent que la Ville subventionne la tenue de congrès à Québec. Quand on le fait, c'est pour des activités qui sont reliées à celles de la Ville», explique le porte-parole de Québec, François Moisan. Récemment, la Ville a financé d'autres congrès, mais les montants sont moindres: 15 000 $ pour le Cartoon Connection, 10 000 $ pour le colloque INFRA sur les infrastructures urbaines et 10 000 $ pour le Congrès annuel de l'Association canadienne d'habitation et de rénovation urbaine.

Le pdg du Centre des congrès souligne aussi la participation du privé. «Moi, j'estime toutes les participations de service et de fonds privés trouvés par l'organisation du congrès à peu près à 500 000$ à 600 000$.»

Les échanges de services, plus difficiles à chiffrer, comptent pour beaucoup dans les contributions des entreprises. Par exemple, BMW fournit une dizaine de voitures de luxe neuves pour transporter les délégués, alors qu'une quarantaine de restaurants consentent un rabais exclusif aux délégués de SportAccord pour une soirée.

Des hôteliers ont aussi conclu des ententes de services avec les organisateurs du congrès pour fournir des chambres à coût moindre, alors qu'une entente développée en partenariat avec Taxi Coop permettra d'offrir aux congressistes le transport en taxi gratuit. Fairmont et Avalanche figurent aussi parmi les commanditaires.

Certaines compagnies ont acheté de l'espace qui leur assurera une visibilité pendant le congrès, que ce soit par un kiosque promotionnel ou autre. Celles-ci ont été approchées par un démarcheur à Londres qui travaille pour le compte de SportAccord Québec. À lui seul, il a amassé quelque 200 000 $ en commandites, révèle P.-Michel Bouchard.

SportAccord arrive en ville avec ses propres commanditaires. Ainsi, Samsung et Swatch Group, les deux partenaires d'affaires officiels de l'organisation, trouveront certainement une place de choix au sein du congrès, en échange de financement.

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