Une réceptionniste contredit en partie Martin Dumont, qui doit s'expliquer

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Témoignant pour une seconde fois devant la Commission Charbonneau, lundi, un ex-organisateur politique d'Union Montréal, Martin Dumont, a été contraint de justifier certaines contradictions entre ses déclarations aux enquêteurs de la commission, son témoignage d'octobre dernier et les dires d'un autre témoin devant la commission.

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L'ex-organisateur politique Martin Dumont a été invité à témoigner à nouveau pour s'expliquer.

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Alexandra Pion, une ancienne réceptionniste d'Union Montréal, a témoigné à la commission Charbonneau ce 21 janvier. Elle a contredit en partie les propos de l'ex-organisateur politique Martin Dumont.

Photo: tirée d'une vidéo, La Presse

Lors de la reprise des audiences après les Fêtes, lundi matin, une ancienne réceptionniste du parti Union Montréal en 2005, Alexandra Pion, a contredit M. Dumont sur plusieurs points.

Elle a admis que l'ancien responsable du financement à Union Montréal, Bernard Trépanier, lui avait demandé de compter de l'argent, de séparer des billets de 20 $ et de 50 $, mais a nié s'en être plainte à M. Dumont et a nié avoir alors évoqué une somme de 850 000 $ - ce que M. Dumont avait dit le 30 octobre dernier.

M. Dumont avait soutenu qu'elle lui avait même demandé d'aller dans un café en face de la permanence du parti pour lui faire part de son malaise et qu'elle lui avait demandé de dire à M. Trépanier de cesser de lui faire compter de l'argent, elle qui avait été embauchée comme réceptionniste.

Lundi, M. Dumont n'était plus aussi certain que ce soit Mme Pion qui lui avait fait part de son malaise devant le fait que M. Trépanier lui ait demandé de compter de l'argent. «J'ai nommé ce nom-là, mais je n'aurais pas dû le nommer, parce que ce n'était pas sûr à cent pour cent», a-t-il laissé tomber, devant l'insistance du procureur de la commission, Me Denis Gallant.

Il a évoqué deux noms d'autres collègues de travail de Mme Pion, dont l'une est aujourd'hui son épouse. Il a admis qu'il a pu «mélanger deux histoires» et qu'il lui est arrivé d'aller prendre un café avec d'autres collègues du bureau.

Ému, la gorge nouée, M. Dumont a plaidé la bonne foi. «J'ai voulu répondre au meilleur de ma connaissance», a-t-il rétorqué au procureur de la commission, visiblement irrité des hésitations de M. Dumont et des nuances qu'il apporte maintenant.

«On me demande qui (m'a dit ça), là je n'en ai aucune idée», a-t-il fini par laisser tomber.

Mme Pion a tout de même admis avoir parlé de la demande de compter de l'argent à une amie du bureau et à des membres de son entourage.

Ces contradictions entre le premier témoignage de M. Dumont et celui de Mme Pion ont fait grincer des dents Me Gallant. «Je vous suggère que toute cette histoire-là est fausse», a dit l'avocat au témoin Dumont. Mais celui-ci a répliqué avoir répondu «au meilleur de mon souvenir».

Après avoir soulevé trois autres contradictions entre ses déclarations aux enquêteurs de la commission et dans son témoignage, Me Gallant a voulu déposer en preuve une déclaration vidéo faite par M. Dumont aux enquêteurs de la commission.

Son avocate, Me Suzanne Gagné, s'est toutefois opposée, au nom des droits fondamentaux de son client. Elle a soutenu qu'il n'avait alors pas été pleinement informé de son droit de refuser de répondre, lorsqu'il a répondu à ces questions des enquêteurs de la commission, et qu'il était venu à la commission en croyant répondre aux questions des commissaires, et non à des questions des enquêteurs.

La question de la recevabilité de cette déclaration précédente de M. Dumont aux enquêteurs de la commission doit être débattue devant la commission en après-midi.

Par ailleurs, Mme Pion a confirmé l'existence d'un coffre-fort dans le bureau de M. Trépanier et d'un second coffre-fort dans le bureau d'un comptable du parti. M. Dumont avait témoigné du fait que M. Trépanier avait même dû acheter un second coffre-fort, plus gros, parce que le premier ne fermait plus, tant l'argent débordait.

Elle n'a pu être précise quant aux dimensions de ces coffres-forts, sept ans plus tard. Elle n'a pu non plus dire si le coffre-fort avait été changé ou si une machine à compter de l'argent avait dû être achetée - ce qu'avait soutenu M. Dumont.

Quant à la présence d'entrepreneurs en construction ou de représentants de firmes de génie-conseil à la permanence du parti, Mme Pion n'a pu non plus confirmer ou infirmer les dires de M. Dumont, expliquant que ces visiteurs ne lui disaient pas nécessairement leur métier.

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