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Un entrepreneur de Bellechasse relié par «erreur» à la mafia

Fin septembre, un enquêteur de la commission a... (Photothèque Le Soleil)

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Fin septembre, un enquêteur de la commission a dévoilé une liste de 74 compagnies en construction dont un véhicule aurait été observé dans le stationnement du Café Consenza (photo), quartier général du clan Rizzuto. Constructions L.P.G s'était retrouvée sur cette liste en raison d'une erreur de transcription.

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(Québec) La commission Charbonneau a relié par «erreur» l'entreprise Constructions L.P.G., de Pierre Gagné, originaire de Bellechasse, au désormais célèbre Café Consenza, quartier général du clan mafieux Rizzuto à Montréal.

Fin septembre, un enquêteur de la commission a dévoilé une liste de 74 compagnies en construction dont un véhicule aurait été observé dans le stationnement du Consenza pendant l'opération Colisée de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Sur le site de la commission d'enquête, depuis lors, le nom de l'entreprise de M. Gagné apparaît aux côtés de celles des controversés Joseph Borsellino et Frank Catania, entre autres. Constructions L.P.G. n'a jamais effectué le moindre contrat dans la région de Montréal, jure son propriétaire.

«Il appert qu'il s'agit d'un regrettable imbroglio», écrit la procureure en chef de la commission, Sonia LeBel, dans une lettre datée du 8 janvier. «Nos recherches et nos vérifications nous indiquent qu'il y aurait eu une erreur lors de la transcription du nom de la compagnie.»

Le nom de son entreprise a été repris dans différents médias à partir de cette liste. Avertie dès le lendemain de la méprise par l'avocat de M. Gagné, la commission a mis plus de trois mois à corriger le tir.

«Veuillez nous excuser de cette réponse tardive, écrit encore Me LeBel. [...] Il nous a fallu procéder à la compilation de toutes les données nécessaires à la compréhension des circonstances ayant mené à la présence du nom [Constructions L.P.G] sur cette liste.»

Nom encore sur le site

La procureure en chef note que la commission verra à «retirer le nom de la liste dans les plus brefs délais». Jeudi après-midi, neuf jours plus tard, il apparaissait toujours sur le site.

Pendant ce temps, l'entrepreneur qui se spécialise dans le coffrage de bâtiments en hauteur et dans l'immobilier vit avec les regards qui se détournent en sa présence, les questions à répétition et les doutes qui planent au-dessus de sa tête. «C'est un peu normal, note-t-il. On habite en campagne. Tout le monde se connaît. J'ai assez bien réussi en affaires. L'an passé, on s'est acheté un motorisé, un condo en Floride. Il y a du monde qui se pose des questions : "Ah, on savait bien qu'il y avait quelque chose en arrière de ça..."»

Pour le moment, l'entrepreneur n'est pas en mesure de dire si la mésaventure aura un effet économique négatif sur ses affaires. Ni s'il envisage de poursuivre la commission pour les torts qui lui ont été causés. «Pour l'instant, je veux rétablir les faits, dit-il. Après, on verra.»

M. Gagné conserve une certaine amertume par rapport aux derniers mois et à l'erreur par la commission. «Un beau gâchis, lâche-t-il. Tu as l'air crédible d'aplomb comme commission. Ils publient une liste qui peut avoir des répercussions pour du monde et ils ne vérifient même pas. Après, c'est eux qui vont aller dire au gouvernement quoi faire.»

Jeudi, à la commission Charbonneau, on n'était pas en mesure d'indiquer si d'autres compagnies ont aussi été placées à tort sur la liste. Les audiences reprennent lundi.

M. Gagné est propriétaire de l'hôtel Sheraton de Lévis, il a construit et exploite le centre des congrès de Lévis et possède d'intéressants terrains à la tête des ponts. Il lui importe de laver son nom pour continuer à réaliser des projets avec l'entreprise qu'il a bâtie. Il s'attend à ce que des concurrents utilisent l'évènement pour lui faire une mauvaise publicité.

«Ce qui m'achale, c'est que dans 50 ans, cette histoire-là va encore sortir quand on va taper LPG dans Google, déplore M. Gagné. Tu travailles toute une vie pour te faire une réputation...»

Silence radio du député Villeneuve

Lui aussi mouillé par la liste de la Gendarmerie royale du Canada pour une compagnie qu'il possédait, le député péquiste de Berthier, André Villeneuve, n'a pas rappelé Le Soleil jeudi pour discuter des derniers développements de son dossier.

Il a toujours nié avec véhémence avoir quelques liens que ce soit avec la mafia. Fin novembre, il déplorait que la commission n'ait pas eu en main toutes les informations avant de divulguer son nom.

Un véhicule de Plancher Mirage André Villeneuve aurait été vu dans un stationnement près du café Consenza entre 2002 et 2006. Le député a réclamé à maintes reprises que lui soit fournie la photo incriminante.

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