Line Beauchamp défend son intégrité

Line Beauchamp a été tour à tour ministre... (Photo: PC)

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Line Beauchamp a été tour à tour ministre libérale de la Culture, de l'Environnement puis de l'Éducation.

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(Québec) Line Beauchamp a déjeuné à deux reprises en 2007 avec une brochette de présumés collusionnaires réunis dans un club privé par son conjoint de l'époque, l'organisateur libéral Pierre Bibeau.

Ils étaient une douzaine dans un salon du chic 357c, rue de la Commune, dans le Vieux-Montréal. Parmi eux, Paolo Catania, entrepreneur aux relations mafieuses, Frank Zampino, ex-numéro 2 de Montréal, Bernard Trépanier, argentier du parti Union Montréal, tous trois accusés aujourd'hui dans l'affaire du Faubourg Contrecoeur. Frank Minicucci, bras droit de Tony Accurso, accusé de fraude et d'abus de confiance, était aussi parmi les convives. Les rencontres ont été dévoilées mercredi par un enquêteur de la commission Charbonneau.

«Dans le cas de la rencontre au club 357c, c'était mon conjoint Pierre Bibeau» qui avait pris l'organisation en main, se souvient l'ex-vice première ministre du Québec, Line Beauchamp. «Je lui avais dit [à M. Bibeau] qu'à titre de ministre responsable de Montréal, je voulais rencontrer des acteurs économiques de la région», ajoute-t-elle.

Aujourd'hui, celle qui a démissionné pendant la crise étudiante du printemps convient que la perception «ne peut être que négative». Même son ex-conjoint a été mis sur la sellette lorsque Lino Zambito, un entrepreneur «repenti», a juré à la commission Charbonneau avoir remis 30 000 $ comptants à M. Bibeau dans les locaux de Loto-Québec pour financer le Parti libéral du Québec (PLQ).

«Cinq ans plus tard, on me dit qu'il y a des gens parmi eux avec qui je n'aurais peut-être pas dû aller m'asseoir, explique Mme Beauchamp. En 2007, je ne pouvais pas savoir.»

Si ces personnes avaient des choses à se reprocher à l'époque, la ministre jure n'en avoir rien su. Comme ministre, elle cherchait à «garder un contact» avec le terrain pour éviter de se faire «avaler par la machine» gouvernementale et de s'enfermer «dans une tour d'ivoire au sein de mes ministères».

«Je pense que la meilleure comparaison, et elle est difficile et douloureuse à faire pour moi, mais c'est celle d'une relation de couple, poursuit Mme Beauchamp. Quand vous apprenez que votre conjoint vous a été infidèle, vous regardez le passé et vous vous dites : "Est-ce que j'aurais dû voir quelque chose?" Et vous ne savez pas. Vous sentez une confiance trahie.»

«Je ne suis pas une marionnette»

Mais celle qui a détenu les portefeuilles de la Culture, de l'Environnement et de l'Éducation refuse de poser «en victime». Elle assume chacune des signatures qu'elle a apposées et chacune des décisions prises à titre de ministre. Et elle se dit prête à répondre de chacune d'elles.

«Ce n'est pas facile d'être dans ma position, soulève Mme Beauchamp. D'être vue comme quelqu'un dont l'ex-conjoint est influent. C'est moi l'élue. C'est moi qui avais ma face sur un poteau. [...] Je ne suis pas une marionnette. Pierre Bibeau n'était pas un ventriloque qui me disait quoi faire. Chaque fois que j'ai pris une décision, je l'ai fait avec intégrité, dignité et avec le souci d'exercer mon bon jugement pour servir les Québécois. C'est ça, l'histoire.»

Mme Beauchamp n'était accompagnée d'aucun conseiller politique lors des deux déjeuners. Chaque fois, le membre invitant du club 357c a payé la facture, comme il est de coutume dans ce type d'établissement. «Notre code d'éthique nous interdit d'accepter un cadeau indu, rappelle-t-elle. À mes yeux, ce n'était pas indu. C'était un petit déjeuner, pas d'alcool, rien de ça.»

Des rencontres avec divers intervenants, Mme Beauchamp assure en avoir tenu plusieurs, dans différentes régions du Québec. Elle s'attriste que les audiences de la commission Charbonneau magnifient celles du 357c comme s'il s'agissait des seules. «Est-ce que j'étais plus sous l'influence de ces gens-là ou de tous les autres avec qui j'ai eu des rencontres et qui ne sont accusés de rien?» illustre-t-elle.

Même a posteriori, Mme Beauchamp n'a pas l'impression que ses convives du 357c ont cherché à exercer sur elle une influence malsaine. Et la rencontre n'a pas porté sur le financement du PLQ. «Je vous l'affirme, dit-elle. Je sais que les gens vont trouver que mon histoire est quasiment fleur bleue. Mais c'est la vérité.»

Voie médiatique

L'ex-femme politique aurait préféré aller se défendre sous serment devant la commission Charbonneau. Elle s'offre encore pour témoigner. Mais l'ajournement des travaux l'a amenée à privilégier la voie médiatique.

«Je vais expliquer aux Québécois ce qui s'est passé, en espérant qu'avec le temps et les travaux de la commission, la vérité prenne ses droits», déclare Mme Beauchamp.

Son ancien collègue et ex-ministre libéral Tony Tomassi, accusé au criminel, a aussi été nommé par l'enquêteur de la commission Charbonneau. Il a visité le club 357c avec Paolo Catania à deux reprises. Il n'a pas été possible de lui parler, mercredi.

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