Ingénieur congédié: l'enquête de l'UPAC déjà en cours à Québec

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(Québec) Le directeur général de la Ville de Québec a été interrogé dès mercredi matin par des enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Un début d'investigation rapide au lendemain des révélations du Soleil sur le congédiement d'un ingénieur dont les pratiques laissent croire qu'il aurait pu favoriser certaines entreprises.

Une «bonne nouvelle», selon le maire de Québec, Régis Labeaume, qui s'est félicité mercredi d'avoir agi avec diligence dans ce dossier. «Nous, on peut bien chercher, mais il faut que les entrepreneurs nous le disent. S'ils nous le disent, on va faire tout le nécessaire», a-t-il dit en invitant les entrepreneurs et les citoyens à dénoncer toute situation qui pourrait s'apparenter à de la collusion.

Le maire de Québec a convoqué les journalistes mercredi pour réagir à un reportage du journaliste François Bourque du Soleil sur le congédiement d'un ingénieur en mars 2009. L'article mentionne que quatre entreprises, dont Masters et Contrôles AC, dénoncent la façon dont cet ingénieur rédigeait des appels d'offres qui, soutiennent-ils, auraient favorisé certaines entreprises.

Des employés auraient pris connaissance de courriels dans lesquels l'ingénieur transmettait à l'avance à des compagnies de l'information sur des appels d'offres à venir.

L'article du Soleil mentionnait aussi qu'à l'interne, l'ingénieur avait la réputation d'exiger des «spécifications très poussées», avec pour conséquence qu'il ne restait parfois qu'un seul produit dans le devis.

Informée par le journaliste du Soleil, la Ville a contacté l'UPAC mardi. L'enquête était déjà en cours mercredi matin alors que des enquêteurs ont interrogé le directeur général de la Ville, Alain Marcoux.

«Ce n'est qu'hier [mardi] que François Bourque a mentionné à mon chef de cabinet que quatre entreprises avaient des choses à dire ou avaient des doutes. Une heure après, le dossier était entre les mains de l'UPAC», a relaté le maire, qui laisse l'UPAC mener l'enquête auprès des firmes qui ont parlé au Soleil.

«J'ai appris le nom des deux entreprises en lisant le journal ce matin [mercredi]. Alors on ne fera pas deux enquêtes, on va laisser l'UPAC là-dessus, je pense qu'ils sont bien outillés.»

Régis Labeaume a réitéré que l'homme qui était employé par la Ville de Québec depuis 2003 n'a pas été congédié pour un comportement lié à la collusion ou la corruption. «Il a été congédié pour des raisons très, très sérieuses, mais d'aucune façon reliées à des méfaits qui impliquent des contrats ou des entrepreneurs», a-t-il dit.

DÉNONCER AU BOUT DU FIL

Le maire Régis Labeaume a rappelé mercredi les mesures mises en place à la Ville de Québec pour dénoncer les cas de collusion ou de corruption. Numéro de téléphone en main lors du point de presse pendant lequel il a réagit à des reportages du Soleil, le maire a invité les entreprises ou citoyens «qui ont des doutes» à composer le 1-800-661-9675. Il s'agit du le bureau du Vérificateur de la Ville. «Il va recevoir en toute confidentialité, vous accompagner et recevoir toutes vos doléances et qui va faire enquête.» Le vice-président au comité exécutif de la Ville, le conseiller Richard Côté a dit avoir récemment confié au Vérificateur général un dossier lié à ExpoCité. «Personnellement, j'ai eu un cas que j'ai référé au Vérificateur. La personne voulait expliqué un dossier quand même "toutché" donc on l'a envoyé au Vérificateur. Ça fonctionne.»

PLUSIEURS FOURNISSEURS POUR L'AMPHITHÉÂTRE

La Ville de Québec promet d'éviter que les appels d'offres pour l'amphithéâtre ne contiennent des demandes si précises qu'elles risquent de n'attirer qu'un seul fournisseur. «Pour chaque appel d'offres de matériel, on va s'assurer qu'il y ait trois sortes de matériel au minimum», a dit Régis Labeaume mercredi. Une façon, estime-t-il, de s'assurer qu'il y ait plus d'une soumission. «Chaque fois qu'il n'y a qu'un seul soumissionnaire normalement, on retire l'appel d'offres et on va plus loin dans l'investigation. Il faut poser des questions», a poursuivi le maire.

CONTRE LA RÈGLE DU PLUS BAS SOUMISSIONNAIRE

Les craintes de collusion entre entrepreneurs ne date pas d'hier à la Ville de Québec. En 2009, le maire Régis Labeaume, a écrit au ministre des Affaires municipales de l'époque, Laurent Lessard, une lettre dans laquelle il remet en question la règle du plus bas soumissionnaire. Il proposait aussi de pouvoir négocier le prix dans un cas où il y aurait des soupçons de collusion. «Il pourrait donc, écrivait-il, être approprié de voir un assouplissement dans la loi permettant de négocier le prix avec le plus bas soumissionnaire sans changer les autres conditions du contrat, notamment lorsque l'on juge que les prix sont trop élevés, disproportionnés ou encore ne réflètent pas un juste prix.»

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