Gérald Tremblay doit s'expliquer ou se retirer, réclame l'Assemblée nationale

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Le ministre responsable de la Métropole, Jean-François Lisée, affirme que «la situation est grave» et que «le statu quo est intolérable».

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Après plus de deux ans de refus, Jean Charest a institué le 19 octobre 2011 une commission d'enquête sur la construction au pouvoir restreint et qui ne pourra distribuer aucun blâme. Celle-ci sera présidée par la juge France Charbonneau. Le «ménage» tant attendu mettra-t-il fin à la controverse dans laquelle le gouvernement est plongé? »

(Québec) Gérald Tremblay doit s'expliquer sur les allégations de financement occulte ou se retirer comme maire de Montréal, estiment unanimement les membres de l'Assemblée nationale. Aucun n'ose réclamer directement sa démission.

Les témoignages accablants contre l'administration Tremblay, qui ne cessent de s'accumuler devant la commission Charbonneau, ont de nouveau fait monter le ton chez les élus.

Le député Jacques Duchesneau, de la Coalition avenir Québec (CAQ), a soutenu que M. Tremblay n'avait plus sa place à la tête de l'administration de la plus grande ville du Québec,a affirmé l'ancien chef de police et ex-candidat à la mairie de Montréal. «Il est clair, avec tout ce qu'on entend, qu'il n'a plus la légitimité, sa place n'est plus là. Il devrait à tout le moins se retirer et attendre les conclusions de la commission Charbonneau», a-t-il dit.

À son arrivée à la réunion hebdomadaire de la députation du Parti québécois, la première ministre Pauline Marois s'est contentée de laisser tomber qu'il appartient au maire «de faire son examen de conscience».

Le ministre responsable de la Métropole, Jean-François Lisée, a cependant insisté sur le fait que «la situation est grave. Nous sommes face à des révélations troublantes pour nous, pour les citoyens de Montréal. Le statu quo est intolérable», a-t-il précisé, sans pouvoir donner de solution.

M. Lisée a livré ce commentaire quelques minutes après qu'un ex-organisateur politique du maire a comparu aux audiences de la commission Charbonneau. Martin Dumont a soutenu que Gérald Tremblay était au courant que son parti tenait une comptabilité officielle et une autre officieuse pour gérer ses finances.

Le ministre des Affaires municipales s'est fait plus prudent. Sylvain Gaudreault a réitéré qu'il invite M. Tremblay «à réfléchir» à son avenir à la tête de la mairie.

Le ministre Gaudreault en est cependant à mettre en doute la légitimité du maire. «Comment peut-il dire, comme il l'a fait la semaine passée, qu'il y a de la corruption à Montréal depuis des dizaines d'années et, en même temps, dire qu'il ne sait rien?»

L'opposition officielle à l'Assemblée nationale s'est montrée elle aussi à bout de patience. «Je crois qu'elle a sonné l'heure où [le maire] doit donner des explications très claires aux contribuables», a indiqué Jean-Marc Fournier. «S'il ne le fait pas, la situation sera insoutenable», a poursuivi le leader en Chambre pour le Parti libéral du Québec.

Pour François Legault, le chef de la deuxième opposition et leader de la CAQ, Gérald Tremblay n'a plus «d'autorité morale. Je ne pense pas qu'il y a beaucoup de citoyens de Montréal qui ont confiance en lui».

À un journaliste qui lui a fait remarquer que M. Tremblay a déclaré qu'il ne répondrait plus aux questions sur la corruption pour se concentrer sur son «travail de maire», M. Legault a rétorqué qu'il «faudra qu'il réponde à [ces] questions. Les allégations sont tellement graves».

LES FRAUDEURS INVITÉS À SE METTRE À TABLE

«Le temps de l'impunité est terminé», clame Jean-François Lisée. Le ministre en profite pour inciter les resquilleurs de fonds publics et pourvoyeurs de financement politique illégal à se mettre à table devant la juge France Charbonneau pour amoindrir d'éventuelles sanctions.

Mardi, à l'Assemblée nationale, le responsable de la métropole au sein du cabinet de Pauline Marois est revenu sur les critiques qu'il s'est attirées en souhaitant que des poursuites soient engagées contre l'ex-ingénieur de la Ville de Montréal Gilles Surprenant qui jouit de l'immunité devant la commission sur la corruption.

Au député caquiste Jacques Duchesneau, qui reproche à M. Lisée de «faire peur» à de nouveaux témoins, Jean-François Lisée réplique que de nouvelles preuves pourraient être utilisées pour traîner en justice M. Surprenant. «Il faut dire à tous les Québécois, [...] il y a des immunités, mais il n'y a pas d'impunité. Que les procureurs prennent leur décision.

«J'invite tous ceux qui ont commis des fraudes à constater qu'un certain nombre d'entre eux vont dire la vérité à la commission et aux policiers, a enchaîné le ministre responsable de la métropole. Et c'est peut-être le temps de se dépêcher d'être parmi les premiers à dire la vérité s'ils veulent avoir un peu d'indulgence d'un juge, un jour.»

Avec La Presse Canadienne

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