Au premier jour d'un caucus de préparation à la session à venir, la première ministre Pauline Marois a taxé le Parti libéral du Québec (PLQ) d'être «en partie responsable de ce qui se passe» ces jours-ci avec la commission Charbonneau.
«C'est très dommage qu'il ne s'excuse pas parce que ce sont les Québécois qui ont payé pour le fait qu'ils n'ont pas pris les décisions au moment opportun, a déclaré Mme Marois. Ils auraient pu créer la commission et mandater un commissaire il y a trois ans déjà. Ils ne l'ont pas fait.»
Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, promet de continuer à exiger sans relâche des libéraux qu'ils fassent amende honorable pour leur comportement au pouvoir. «Ils devraient être gênés et avoir honte de nous avoir mis dans le pétrin et avoir laissé les bandits et les entrepreneurs véreux faire leur sale boulot pendant tout ce temps», a attaqué M. Drainville.
L'annonce mercredi soir du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, un libéral notoire, qu'il se retirait de ses fonctions après la perquisition de ses coffrets de sûreté dans différentes banques a permis aux péquistes d'ouvrir le feu sur leurs adversaires jurés.
Les libéraux «doivent faire une très grande introspection et se mettre à dire aux Québécois qu'ils n'ont pas été à la hauteur de la situation», estime le ministre Jean-François Lisée. «Pourquoi il n'y a pas d'enquête interne au PLQ en ce moment pour essayer de savoir s'il y en a eu, des complicités?»
Il présente comme une «certitude» l'idée que le temps mis par le gouvernement Charest à déclencher une commission d'enquête a enrichi le crime organisé de «centaines de millions de dollars».
Au PLQ, le député Marc Carrière, porte-parole en matière d'affaires municipales, ne voit pas en quoi son parti devrait s'excuser. Le gouvernement Charest a mis en place des unités d'enquête, resserré des lois et instauré la commission Charbonneau, énumère-t-il. L'enquête publique ne pouvait se faire avant sans nuire aux enquêtes policières, réitère M. Carrière. «Personne n'est à l'abri des lois et si quelqu'un les a enfreintes, il devra en payer le prix», ajoute le député de Chapleau à propos de Gilles Vaillancourt.
«Dos au mur»
Pour le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, l'étau s'est resserré sur le maire Vaillancourt. «Je pense que, dos au mur, il n'avait pas le choix de prendre la décision qu'il avait prise», a déclaré le ministre Gaudreault.
Il invite à nouveau le maire de Montréal, Gérald Tremblay, dont le parti est taxé de financement illégal par des témoins de la commission Charbonneau, à «prendre la meilleure décision dans l'intérêt des Montréalais».
Les lois actuelles n'offrent pas de «leviers» au ministre pour exiger la destitution d'un maire. La tutelle peut être envisagée pour des conseils municipaux dysfonctionnels, ce qui n'est pas le cas pour Laval et Montréal. La voie juridique peut aussi être empruntée, mais les délais inhérents aux tribunaux renverraient un verdict au-delà des prochaines élections municipales. M. Gaudreault a déjà indiqué avoir demandé à ses fonctionnaires de proposer des outils législatifs au ministre pour pouvoir agir dans des circonstances similaires.